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Côte d’Ivoire: Précarité, le coup de gueule des acteurs du cinéma s’intensifie

La voix des acteurs de cinéma en Côte d’Ivoire s’élève de plus en plus pour réclamer un meilleur traitement. L’État et les producteurs indexés.

Cette semaine, l’influenceur ivoirien, Apoutchou National a lancé une cagnotte pour collecter 25 millions de FCFA, afin d’offrir une villa de 3 pièces à l’acteur Fortuné Akakpo en difficulté.

L’effervescence autour de cette énième action de solidarité envers un acteur de cinéma à ouvert la boîte de pandore aux autres acteurs de mettre à nu les tristes réalités du secteur du cinéma ivoirien.

Dans un live Facebook explosif, l’actrice Bienvenue Koffi plus connu sous le sobriquet de Dame nature, a partagé son coup de gueule.

Porte voix circonstancielle de tous les acteurs qui se sont associés à ce live à l’image de l’actrice Eva Guehi, qui a meme partagé le live, Dame nature a dénoncé un mauvais traitement financier.

« On ne vit pas de ce qu’on fait, et cela commence par les producteurs, à travers les cachets qu’ils versent aux acteurs et actrices.

Quand tu arrives sur un projet et qu’on te dit que tu seras payé 1 million, ce n’est pas en une seule fois. On te dit que tu seras payé sur trois mois, parce que le tournage dure trois mois, donc le million sera payé en trois tranches.

Quand tu finis de recevoir cet argent sur trois mois, à quel moment peux-tu investir ? À quel moment peux-tu t’occuper de ta famille, sachant qu’il n’y a pas d’assurance ?

Tu dois payer le loyer, les factures, la nourriture, la scolarité des enfants, alors que les prix des denrées alimentaires, des loyers et des factures ont augmenté. À quel moment peut-on vivre dignement ?», a-t-elle dénoncé.

Elle a partagé sa propre expérience pour illustrer son propos.

« Moi, j’étais dans la série Faut pas fâcher. À l’époque, j’étais payée à 20 000 FCFA par épisode. Que la RTI vienne démentir cela si ce n’est pas vrai.

La RTI nous payait seulement 10 000 FCFA par mois pour le transport. Et en plus, les habits que nous portions dans les films étaient entièrement à notre charge.

Dans ces 20 000 FCFA, tu dois t’habiller, te maquiller, payer le transport, les chaussures, le loyer, les factures…

Certains étaient payés à 15 000 FCFA. Maman Adrienne Koutouan, elle, touchait 35 000 FCFA par épisode.»

D’autres exemples plus alarmants tel que la situation des acteurs Zoumana, Guehi Vert, Amoin et plusieurs décédés récemment met en exergue cette situation de précarité à laquelle les acteurs ivoiriens sont confrontés.

À qui la faute ?
Dans son intervention, Bienvenue Koffi, a indexé les producteurs et l’État.

Les producteurs ont tout l’argent du monde, mais ils ne veulent pas bien payer les artistes que nous sommes. Donc, ce sont seulement eux qui doivent réussir ? Avoir des voitures ? Des maisons ?

Pourtant, c’est grâce à nous, les acteurs, qu’on parle de vous. Si nous ne jouons pas bien, si nous ne venons pas dans vos projets pour donner le meilleur de nous-mêmes, on ne parlerait ni de vous, ni de vos films, ni de vos séries.

Producteurs, ayez pitié de nous aussi. De la même façon que vous dormez dans de grandes maisons et roulez dans de belles voitures, nous aussi nous voulons vivre dignement.

Mais pourquoi, après vous avoir donné la popularité et les moyens financiers, êtes-vous les seuls à vouloir tout garder ?», a-t-elle fait savoir explicitement.

Concernant l’État, elle a relevé quelques points sur l’insuffisance de subventions et de cadre légal pour une meilleure promotion du cinéma.

En appui, l’acteur Mahoula Kané, a pour sa part fait une comparaison entre le traitement accordé par l’État aux footballeurs et celui fait aux acteurs.

« les Éléphants footballeurs de Côte d’Ivoire lorsqu’ils remportent la CAN : nous sommes tous heureux de voir ce que l’État leur offre, à savoir des villas et des millions, en reconnaissance du travail accompli et du bonheur qu’ils nous procurent, même si ces joueurs ont déjà tout cela.

Chaque année, l’État de Côte d’Ivoire pourrait répertorier cinq acteurs ou comédiens et leur décerner des médailles accompagnées de maisons.» a-t1il soutenu.

Certes, ces difficultés existent. Mais comme le dit l’adage, quand tu parles à l’os, parle au chien.

Les acteurs ivoiriens, pour la plupart, devraient aussi se réinventer, se challenger et s’adapter à l’évolution du métier ainsi qu’à l’ère du temps.

C’est-à-dire utiliser de manière efficiente l’internet qui offre beaucoup d’opportunités pour la création de contenus et le développements d’une image de marque. Des acteurs tels que Gohou Michel, DiGbeu Cravate, Adrienne Koutouan et bien d’autres s’y essaient et les résultats sont probants.

Aux populations également, c’est le lieu de les inciter à consommer de manière légale, le fruit des efforts de nos artistes toutes tendances confondues en vue d’éviter de devoir faire des SOS ou des élans de solidarité à n’en point finir.

Créer une industrie du cinema
Des d’efforts sont faits notamment à travers les chaînes de télé qui utilisent davantage le secteur du cinema pour accroître leur notoriété . Mais beaucoup reste encore à faire. La formation des acteurs ainsi qu’une volonté politique rigoureuse dans ce secteur qui fait tant rêver à l’extérieur.

Si certains acteurs talentueux tel que Guy Kalou ont décidé d’abandonner la lutte pour « ne pas vendre du rêve », ceux qui croient encore en ce combat devraient saisir cette aubaine pour faire entendre leur voix et leur talent afin de faire bouger les lignes .

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