Administrateur, Mariam Ouattara, a radicalement changé de voie pour se consacrer à sa passion. Aujourd’hui à la tête du Groupe ECCOS et de MASSALEN BTP, cette styliste burkinabé a bâti un empire entrepreneurial alliant mode, cosmétiques bio et aménagement d’intérieur, en partant d’un simple atelier de confection.
Du rêve d’enfance à la réalité entrepreneuriale
Dès sa “tendre enfance”, Mariam s’est découvert une attirance pour “tout ce qui est beau”. Cette fascination l’a conduite à abandonner un poste dans l’administration pour se former en atelier de confection et dans la commercialisation de pagnes.
“Pour moi, c’est comme une magie de prendre des pagnes, des tissus bruts, et de les transformer en vêtements beaux qui donnent de la joie aux autres”, confie la quarantenaire.
Son parcours a été jalonné de soutiens précieux. Un mentor anonyme lui a appris à se faire confiance, elle-même, tandis que sa mère l’a “mise dans le bain et poussée à se battre pour réussir”.
Une approche distinctive de la mode
“La mode doit être au service du bonheur”, tel est sa philosophie. Chaque création véhicule un message, adapté au tissu, à la personne et au contexte. Elle cultive “l’audace” et relève le défi de créer “l’harmonie entre des tissus apparemment incompatibles”.
Mère de trois enfants, sa plus grande fierté est d’avoir transformé son modeste atelier SAMLEI en une entreprise diversifiée comprenant confection sur mesure, prêt-à-porter, vente de tissus et cosmétiques bio. Elle fournit désormais des tenues de travail à des ministères et aménage des espaces de bureau de A à Z.
Défis relevés et vision affirmée
Le chemin n’a pas été sans obstacles. “Les problèmes de financement” ont été majeurs, tout comme la nécessité d’imposer sa “rigueur” et son “souci des détails” auprès de son personnel.
Femme dans un milieu compétitif, elle affirme ne rencontrer “pas de difficultés spécifiques” grâce au “professionnalisme” qui “paye”. Sa vision de la mode durable s’incarne dans l’utilisation des “cotonnades et kokodonda” qui “préservent l’environnement tout en procurant le bien-être”.
Une inspiration puisée dans le quotidien
Son quotidien est rythmé par une organisation minutieuse. Elle navigue entre gestion des ateliers, suivi des boutiques, prospection commerciale, et même ventes en direct sur les réseaux sociaux jusqu’à des heures tardives.
“J’adore mon travail”, avoue-t-elle, même si elle rentre le soir “épuisée, mais généralement satisfaite”.
Aux jeunes femmes qui souhaitent embrasser ce métier, Mariam conseille “d’apprendre à aimer le métier, de bien se former, de s’armer de courage et d’accepter de commencer même modestement”.
Son message à travers son travail est celui de “l’espoir et de la valeur du travail bien fait dans le but de donner du bonheur aux autres”.
“J’associé mon travail et ma passion pour satisfaire les autres et trouver ma propre satisfaction, dans la foi en Dieu et aux vertus du professionnalisme et du courage”, confie-t-elle.
Un credo qui continue de guider cette entrepreneure accomplie, déterminée à habiller le Burkina avec élégance et à valoriser les tissus locaux dans toute leur splendeur.



