04222026Headline:

TCHAD : MORT TRAGIQUE DE L’OPPOSANT YAYA DILLO, L’ORDRE DES AVOCATS CONDAMNE LES ATROCITÉS

L’information a été confirmée par le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de N’Djamena, Oumar Kebellaye. L’Ordre des avocats tchadiens est monté au créneau pour condamner les violences.

Dans son communiqué, le magistrat a précisé que le patron du PSF est mort des suites de ses blessures, lors de l’assaut des forces de sécurité. Rien ne présageait une telle fin pour celui qui s’est porté candidat à la prochaine élection présidentielle et qui attendait le début du processus.

Tout est parti de l’interpellation musclée d’un membre du bureau exécutif de son parti par des agents du service d’espionnage et contre-espionnage (ANSE) après avoir été identifié comme l’instigateur de la tentative d’assassinat du président de la Cour suprême le 18 février dernier. Hier jeudi, la confusion régnait toujours sur la situation dans le pays. Des informations non confirmées indiquent que Saleh Déby, oncle du président et jusqu’à récemment son conseiller, aurait été arrêté. Il avait rejoint récemment le PSF.

Désormais placés au banc des accusés, le PSF et ses membres dont la traque a été lancée à travers tout le pays, pourraient subir les fougues du régime de la Transition qui ne lésinerait pas sur les moyens pour en finir avec eux
Cette arrestation serait donc à l’origine de l’attaque par des partisans de l’opposant de la direction de l’ANSE. Plusieurs morts et blessés seraient à déplorer. Retranchés au sein du siège de son parti, ils feront face à l’intervention des forces loyales dans l’après-midi du jeudi 29 février 2024, assaut qui lui sera fatal. C’en est fini pour Yaya Dillo, qui, il y a trois ans jour pour jour, avait échappé à une première tentative d’arrestation à son domicile. Sa mère et l’un de ses fils y perdront la vie et lui-même avait pris le chemin de l’exil.

Triste fin pour Yaya Dillo, cousin du défunt président tchadien Idriss Deby Itno dont la mort constitue une page tournée dans ce pays où les armes n’ont jamais cessé de crépiter pour un oui ou un non. Ces incidents qui surviennent alors que le pays se prépare à lancer le processus électoral devant doter le pays d’un président civil, suscitent plusieurs questions, quand on sait que l’homme avait dévoilé ses ambitions présidentielles.

Que s’est-il passé pour qu’on en arrive là ? Yaya Dillo s’est-il fait piéger par le pouvoir de N’Djamena en mordant comme un poisson très recherché à l’hameçon de l’ANSE ? L’arrestation du membre de son bureau exécutif suffisait-t-il pour attaquer les locaux du service de l’espionnage et du contre-espionnage tchadien ? Voilà autant de questions qui taraudent les esprits et qui pourraient restées sans réponses.

Le barreau du Tchad exige le respect des règles de procédure, du principe de la présomption d’innocence en toute circonstance, le respect des droits et libertés, l’indépendance véritable de la justice, son impartialité
Désormais placés au banc des accusés, le PSF et ses membres dont la traque a été lancée à travers tout le pays, pourraient subir les fougues du régime de la Transition qui ne lésinerait pas sur les moyens pour en finir avec eux. Tout en espérant que ces incidents n’engendrent pas d’autres à travers le Tchad habitué à faire face à des rebellions en tiroirs, cette tragique fin de Dillo pourrait laisser un boulevard à Mahamat Déby, dont la candidature se précise au fur et à mesure que la date du 6 mai, (retenue pour le scrutin présidentiel) s’approche.

L’Ordre des avocats du barreau du Tchad condamne les actes d’extrêmes violences qui ont conduit à plusieurs morts, dont celle du président du Parti socialiste sans frontières (PSF), Yaya Dillo, des blessés et arrestations. L’Ordre exige le respect de l’indépendance de la justice pour faire la lumière sur cette affaire.

L’Ordre estime préoccupante la situation politique et sécuritaire dans le pays et particulièrement dans la capitale N’Djamena marquée par un « déferlement » à l’Agence nationale de sécurité de l’Etat (ANSE) et une prise d’assaut du siège du Parti socialiste sans frontières ( PSF) et de sa démolition illégale.

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