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Aviation africaine : la BAD mise sur le Nigeria pour accélérer la connectivité du continent

En marge des Assemblées annuelles 2026 de la Banque africaine de développement (Bad), organisées à Brazzavil

le, au Congo, un accord stratégique a été signé le jeudi 28 mai 2026, entre l’institution financière panafricaine et le gouvernement nigérian afin de moderniser l’aviation civile du pays et de renforcer la connectivité aérienne sur le continent.

Les documents ont été paraphés par Mike Salawu, représentant de la Bad, et Tertus Keyamo, ministre nigérian de l’Aviation.

Malgré une population représentant près de 18 % de la population mondiale, l’Afrique demeure encore marginale dans le trafic aérien international. Un paradoxe que la Banque africaine de développement entend corriger à travers un ambitieux programme de transformation du secteur aéronautique africain.

Un programme pour faire décoller l’aviation africaine

Cet accord s’inscrit dans le cadre du Programme intégré de transformation de l’aviation pour l’Afrique (Iatp), une initiative de la Bad destinée à développer les infrastructures aériennes africaines, à soutenir les compagnies locales et à attirer davantage d’investissements privés dans le secteur.

« Ce partenariat s’inscrit dans le cadre de l’initiative phare continentale de la Bad visant à moderniser l’écosystème aéronautique africain et à mobiliser des capitaux privés ainsi que des capacités institutionnelles dans le secteur », a expliqué Mike Salawu.

À travers ce programme, la Banque africaine de développement accompagnera le Nigeria dans la modernisation de ses infrastructures aéroportuaires, le renforcement de ses équipements ainsi que l’augmentation de sa flotte aérienne.

Le Nigeria, un marché stratégique

Le choix du Nigeria n’est pas fortuit. Première puissance démographique du continent, le pays dispose d’un important potentiel de développement du transport aérien avec plus de 100 millions d’habitants et environ 1 000 fréquences aériennes par mois.

Pour la Bad, cette expérience pilote permettra d’évaluer les mécanismes de financement et les modèles opérationnels avant un déploiement progressif du programme dans d’autres pays africains.

L’objectif affiché est de favoriser la connectivité intra-africaine, encore largement insuffisante malgré les ambitions d’intégration économique du continent.

Lever les contraintes de financement

Comme plusieurs États africains, le Nigeria fait face à des difficultés d’accès aux financements à long terme nécessaires au développement de son secteur aérien.

Le partenariat signé à Brazzaville vise justement à réduire ces contraintes grâce à un dispositif d’accompagnement technique et financier piloté par la Bad.

L’institution entend notamment faciliter la mobilisation de capitaux privés et renforcer les capacités institutionnelles afin de rendre le secteur plus compétitif et plus attractif.

Faire de l’Afrique un hub mondial

Pour le ministre nigérian de l’Aviation, Tertus Keyamo, le développement du transport aérien africain représente un enjeu stratégique pour le continent.

« Nous mettrons tout en œuvre pour nous assurer que tout fonctionne (…). L’Afrique est équidistante de tous les points du monde. Nous sommes donc dans une position stratégique pour faire de l’Afrique le hub du monde », a-t-il déclaré.

À travers cette initiative, la Bad espère contribuer à transformer durablement l’écosystème aérien africain afin de stimuler les échanges commerciaux, le tourisme, les investissements et la mobilité des populations sur le continent.

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