Dans le jargon bancaire, un compte est considéré comme dormant lorsqu’aucune opération de retrait ou de versement n’a été effectué sur une longue période, et que le titulaire ne s’est plus manifesté auprès de sa banque. Ce phénomène, fréquent mais peu connu du grand public, est au cœur d’un dispositif de suivi et de gestion piloté à l’échelle de l’Union monétaire ouest africaine (UMOA).
Que deviennent les fonds oubliés sur un compte bancaire qui n’enregistre aucune activité pendant plusieurs années ? En Côte d’Ivoire, la question des comptes dormants ces comptes restés inactifs entre huit et dix ans est encadrée par une réglementation spécifique que les établissements financiers ont l’obligation d’appliquer.
« Lorsqu’un client ne réalise plus d’opérations classiques à partir de huit ans d’inactivité, la banque à l’obligation de rechercher le titulaire du compte » , a expliqué Youssouf Fadiga, directeur général de la Banque nationale d’investissement (BNI), à l’occasion de la présentation des résultats de l’institution, le jeudi 3 juillet 2025 à Abidjan.
Cette obligation est traduite par des affichages sur les sites internet des banques visant à informer les clients concernés et à les inciter à se manifester. La réglementation impose également aux établissements de déclarer périodiquement les comptes concernés et de diligenter des actions concrètes pour retrouver les titulaires.
Transfert à la BCEAO au bout de dix ans
Si au terme de ces démarches, le client ne se présente toujours pas les fonds inscrits sur le compte sont transférés à la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Ce transfert intervient généralement après dix années d’inactivité.
Le processus n’est pas irréversible. Lorsque le titulaire du compte refait surface au-delà de ce délai, il peut alors être orienté vers la BCEAO pour récupérer ses avoirs, précise le directeur général de la BNI. Le mécanisme vise à garantir la transparence et la traçabilité des fonds, tout en protégeant les intérêts des clients.
Ce dispositif s’inscrit dans une volonté plus large des autorités monétaires d’assurer une meilleure gouvernance des dépôts bancaires inactifs, à l’échelle de la sous-région. En Côte d’Ivoire, comme dans les autres pays membres de l’UEMOA, les banques sont tenues de respecter un cadre réglementaire strict. Traçabilité, obligation de communication, délais d’archivage et reddition de comptes auprès de la BCEAO.
Les montants en jeu ne sont pas systématiquement rendus publics, les professionnels du secteur bénéficient que le stock cumulé des comptes dormants représente des sommes significatives susceptibles d’alimenter des fonds publics ou des mécanismes de garantie à long terme.
La Côte d’Ivoire est un pays où le taux de bancarisation reste encore perfectible, la gestion rigoureuse des comptes dormants participe d’un effort plus vaste de consolidation du secteur financier. Elle appelle également à une meilleure information des usagers pour éviter que leurs économies ne tombent dans l’oubli.



