06052026Headline:

Espace CEDEAO : La Gambie, une économie en dents de scie

En matière de récession économique, la Gambie se trouve à la croisée des chemins. Alors que les modèles macroéconomiques Gambiens prévoient une croissance soutenue du PIB et une stabilisation de la dette publique, la trajectoire du pays continuent de peser sur l’économie.

Les perspectives économiques de la Gambie semblent s’améliorer. Selon les prévisions de Trading Economics et les analystes, le PIB du pays devrait atteindre environ 2,48 milliards de dollars d’ici la fin de l’année 2024. Ce chiffre affiche un redressement économique, après une décennie empreinte de fortes fluctuations.

Une croissance serpenté
En effet, le taux de croissance réel du PIB est passé de 4,3 % en 2011 à un creux de 0,4 % en 2016, pour rebondir ensuite à 4,9 % en 2022. Ce redressement s’explique en partie par l’impact dévastateur de l’épidémie d’Ebola en 2014, les tensions politiques qui ont secoué le pays entre 2015 et 2016, ainsi que les conséquences de la pandémie de COVID-19.

Parallèlement, la dette publique, qui avait connu une forte hausse ces dernières années, devrait s’alléger. Les projections indiquent une baisse à 65,2 % du PIB en 2024, avant de se stabiliser à 60,8 % en 2025, grâce à des politiques d’assainissement budgétaire rigoureusement mises en œuvre par le gouvernement. Ces mesures visent à restaurer la confiance des investisseurs et à préparer le terrain pour une croissance économique durable.

Le secteur des services demeure le pilier de l’économie gambienne, représentant environ 55 % du PIB en 2021. L’agriculture, quant à elle, contribue à hauteur de 21 % au PIB et affiche une croissance annuelle moyenne de 6,3 %, alors que le secteur industriel enregistre une progression de 6,1 %. Ces secteurs essentiels témoignent de la diversité de l’économie gambienne et de sa capacité à rebondir face aux crises.

Une croissance arrimée à l’inflation
Ces progrès économiques se heurtent à des défis structurels. Les déficits budgétaires, qui ont augmenté de 6,0 % du PIB en 2011 à plus de 10 % en 2021, restent une préoccupation majeure pour le gouvernement. De plus, la hausse de la dette publique, passant de 60,4 milliards de GMD (1,3 milliard de dollars) en 2017 à 99,9 milliards de GMD (1,8 milliard de dollars) en 2022, représente une augmentation de près de 65,4 %. Ces chiffres soulignent l’importance d’une gestion budgétaire rigoureuse pour assurer la stabilité économique du pays.

Les prévisions indiquent une croissance optimiste : 5,6 % en 2023, 6,3 % en 2024 et 5,8 % en 2025. Toutefois, l’inflation demeure un défi majeur. Après être passée de 4,8 % en 2011 à 13,2 % en 2022, elle devrait se stabiliser à 11,5 % en 2023, 10,0 % en 2024 et 9 % en 2025, dépassant ainsi l’objectif fixé par la Banque centrale de la Gambie.
Ce maintien d’une inflation élevée est principalement imputable aux perturbations sur le marché de l’énergie et aux tensions géopolitiques, qui influencent directement les prix des produits alimentaires et de l’électricité. Un rapport de la Commission de la CEDEAO souligne que « les perspectives restent soumises à des risques importants liés à l’environnement mondial volatil, aux facteurs géopolitiques et aux fluctuations des prix des matières premières sur le marché intérieur ». Cette incertitude quant aux prix des matières premières et aux perturbations sur le marché de l’énergie représente un frein potentiel à une reprise économique complète.

 

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