Le groupe technologique PawaTech, spécialisé dans les solutions logicielles pour les jeux et paris sportifs, affirme avoir subi une fraude financière de 3,5 millions de dollars lors de son projet d’implantation en Côte d’Ivoire. L’affaire, fondée sur l’usage présumé de faux documents attribués à la LONACI, vise notamment un ancien dirigeant du groupe et fait l’objet de poursuites judiciaires en Côte d’Ivoire et à l’étranger.
Une fraude reposant sur de faux documents administratifs et impliquant « Ntoudi Mouyelo, un ancien cadre dirigeant ». C’est ce que dénonce le groupe international PawaTech, qui assure avoir perdu plus de 2 milliards de francs CFA dans le cadre de son projet d’expansion en Côte d’Ivoire, un dossier désormais entre les mains des autorités judiciaires ivoiriennes et internationales. Selon un communiqué publié le 19 décembre 2025 à Abidjan, le groupe PawaTech affirme avoir été victime d’une fraude d’envergure estimée à 3,5 millions de dollars américains, soit environ 2,02 milliards de francs CFA.
Les faits se seraient produits lors des démarches engagées par l’entreprise pour obtenir une licence d’exploitation dans le secteur des jeux et paris sportifs en Côte d’Ivoire. D’après PawaTech, des fonds ont été mis à disposition pour l’acquisition d’une licence supposément délivrée par la Loterie nationale de Côte d’Ivoire (LONACI). Ces transferts financiers reposaient sur une lettre présentée comme officielle, indiquant un coût de licence évalué à près de 1,9 milliard de francs CFA. Ce document, affirme aujourd’hui l’entreprise, s’est révélé être un faux.
Interrogée dans le cadre des enquêtes, la note indique que la LONACI a formellement démenti être l’auteur de cette correspondance et a confirmé n’avoir jamais perçu de paiement de la part de PawaTech pour une quelconque licence d’exploitation. Ces éléments constituant, selon le groupe, le fondement des poursuites engagées pour faux et usage de faux, escroquerie et abus de confiance.
Un ancien dirigeant au centre des investigations
Le communiqué pointe la responsabilité présumée de Monsieur Ntoudi Mouyelo, ancien directeur commercial (Chief Commercial Officer, CCO) du groupe PawaTech. Chargé du développement des activités du groupe en Afrique, il aurait, selon l’entreprise, identifié et recommandé le partenaire local cité dans le détournement des fonds.
À la suite des premières enquêtes ouvertes en octobre 2025 par le Pôle pénal économique et financier (PPEF) d’Abidjan, le champ de l’enquête a été élargi pour inclure le rôle de cet ancien dirigeant. En parallèle, une plainte pénale a été déposée à son rencontre au Rwanda auprès du Rwanda Investigation Bureau (RIB). Il y est notamment accusé de fraude, de vol et de pressions illégales exercées sur des membres du personnel de PawaTech afin d’obtenir des informations confidentielles liées au dossier.
Rupture des partenariats et actions en justice
PawaTech affirme avoir mis fin, dès la découverte des irrégularités, à toute collaboration avec les partenaires locaux recommandés par M. Mouyelo. Le groupe indique avoir saisi la justice ivoirienne afin d’obtenir la restitution des fonds et la condamnation des personnes impliquées.
Les plaintes déposées portent notamment sur “des faits d’abus de confiance, d’escroquerie, de faux et usage de faux, ainsi que d’association de malfaiteurs”
Les plaintes déposées portent notamment sur “des faits d’abus de confiance, d’escroquerie, de faux et usage de faux, ainsi que d’association de malfaiteurs”. L’entreprise précise que ces démarches judiciaires sont engagées tant en Côte d’Ivoire qu’à l’international, compte tenu de la dimension transfrontalière du dossier.
Enjeux économiques et institutionnels
Au-delà du préjudice financier, PawaTech souligne que cette affaire à privé le pays d’un investissement structurant dans le secteur des technologies appliquées aux jeux en ligne et aux paris sportifs.
Le groupe affirme toutefois conserver sa confiance dans les institutions ivoiriennes, saluant les efforts déployés par les autorités dans la lutte contre la corruption et le blanchiment des capitaux.
Dans son communiqué, l’entreprise se dit dans l’attente des conclusions judiciaires, tout en réaffirmant sa volonté de collaborer pleinement avec les autorités compétentes afin de faire toute la lumière sur cette affaire.
PawaTech réitère par ailleurs son engagement en faveur du développement du secteur des jeux en Afrique, affirmant vouloir poursuivre ses activités dans le strict respect des principes d’éthique, de conformité réglementaire et de bonne gouvernance. À ce stade, les autorités judiciaires ivoiriennes n’ont pas communiqué publiquement sur l’évolution de la procédure. L’enquête suit son cours.




