
Celui-ci porte sur trois aspects essentiels : la promotion des échanges intracommunautaires, la libre circulation des personnes et des biens, ainsi que la mise en place d’une union monétaire régionale. Ces trois axes traduisent la volonté de renforcer la cohésion économique et sociale au sein de la région.
Une meilleure fluidité des échanges intrarégionaux
Le développement du commerce entre les pays membres figure en tête des priorités. Parmi les actions entreprises, la CEDEAO a œuvré à l’harmonisation des normes sur les produits alimentaires et textiles, facilitant ainsi la circulation des marchandises. L’adoption de l’Accord régional sur la reconnaissance mutuelle des certificats d’inspection a amélioré la confiance entre les échanges économiques. Par ailleurs, la marque de certification CEDEAO, l’ECOMARK, a été déployée pour renforcer la traçabilité des produits.
Le renforcement de la compétitivité du marché régional passe aussi par le soutien à certains secteurs clés, comme l’industrie automobile, ainsi que par des incitations au développement de chaînes de valeur intégrées.
Du côté des infrastructures, la CEDEAO s’est investie dans l’amélioration de la gouvernance des réseaux de transport et de communication, avec une attention particulière aux frais de roaming téléphonique, souvent élevés et contraignants. Un exemple concret est la facilitation du passage des commerçants entre la Gambie et le Sénégal via le pont de Bara. Cette initiative illustre les efforts visant à réduire les barrières tarifaires et non tarifaires qui freinent le commerce régional.
Faciliter la mobilité des personnes et renforcer la coopération transfrontalière
Promouvoir la libre circulation passe par la mise en œuvre de projets transfrontaliers concrets. Cinq États membres ont déjà bénéficié de projets communautaires qui comportent la réhabilitation d’écoles, de centres de santé, la construction de forages et de marchés, témoignant d’un développement tourné vers les populations locales. L’autonomisation des femmes est aussi au cœur de cette politique. Plus de 1 000 femmes actives dans le commerce transfrontalier ont reçu des formations et un appui technologique, avec la distribution de tablettes électroniques pour faciliter leurs activités.
Au Libéria, en Gambie, au Ghana, en Guinée-Bissau et au Sénégal, des infrastructures dédiées au stockage et à la vente ont été construites pour soutenir cette dynamique économique féminine. Un autre chantier important reste la mise en place et la valorisation des postes de contrôle juxtaposés (PCJ), conçus pour simplifier les formalités de passage aux frontières. Plusieurs de ces postes ont vu leurs opérations améliorées, notamment à Ekok/Mfum entre le Cameroun et le Nigeria. Des projets sont aussi en cours pour la construction de postes à Jendema-Bo Waterside (Sierra Leone-Libéria) et à Prollo-Gbapleu (Côte d’Ivoire-Libéria).
Cette dynamique s’accompagne de travaux d’ingénierie essentiels pour les PCJ entre la Gambie et le Sénégal, dont la construction du pont de 288 mètres sur le fleuve Cavally est quasiment achevée. L’introduction de l’Eco-visa constitue une autre avancée notable. Ce visa unique, initialement réservé aux détenteurs de passeports diplomatiques et de service, vise à faciliter les déplacements dans la région. Un portail d’application a été développé, et sa phase de conception technique est achevée, posant les bases d’une mise en œuvre graduelle.
Une monnaie régionale unifiée : Cap sur l’Eco
Le lancement de l’Eco, monnaie commune prévue en 2027, fait l’objet de nombreuses préparations. La CEDEAO coordonne la convergence macroéconomique de ses États membres, avec la publication de rapports semestriels destinés à suivre les progrès. Parallèlement, plusieurs cadres d’harmonisation ont été élaborés dans les domaines de la comptabilité publique, de la gestion de la dette et des finances publiques. En 2023, les Perspectives économiques régionales publiées par la CEDEAO ont apporté une analyse approfondie, utile pour orienter les politiques économiques.
Le renforcement des capacités statistiques reste une priorité, avec la formation de 200 agents des agences nationales de statistiques, la mise au point de méthodologies communes et la création d’une base de données régionale, ECOTRACE.
Sur le plan des infrastructures financières, des avancées ont été réalisées dans la mise en place d’un système régional de paiement et de règlement. Grâce à la Banque africaine de développement et à la Banque mondiale, un financement a été obtenu pour la conception fonctionnelle de ce système, ainsi que pour l’identification des solutions technologiques nécessaires. Ce projet vise à instaurer un cadre homogène réunissant les différentes monnaies dans un écosystème de paiement numérique unifié.


