La Société Ivoirienne de Raffinage (SIR) vient d’écrire une nouvelle page de son histoire avec le lancement officiel de la construction de son Complexe d’Hydrodésulfuration (HDS) du gasoil. La cérémonie de pose de la première pierre, présidée par le Premier ministre Robert Beugré Mambé, a eu lieu en présence de Mamadou Sangafowa-Coulibaly, ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, d’Assahoré Konan Jacques, ministre de l’Environnement, ainsi que du directeur général de la SIR, Tio Tio Soro. Cet événement marque une étape stratégique dans la modernisation de l’industrie pétrolière ivoirienne et dans l’engagement du pays pour la protection de l’environnement.
Dans son allocution, le Premier ministre Beugré Mambé a salué la détermination et la résilience de la direction générale et du personnel de la SIR, qui ont su maintenir l’entreprise sur la voie de la performance malgré des périodes difficiles. Il a rappelé que la raffinerie a connu des défis majeurs liés aux finances, à l’approvisionnement en pétrole brut et à l’acquisition d’équipements techniques. Pour lui, la construction de ce complexe HDS s’inscrit dans une logique d’amélioration continue, visant à renforcer la stature de la SIR en Afrique de l’Ouest.
Répondre aux exigences environnementales plus strictes
« Par la production de carburants plus propres, le complexe d’hydrodésulfuration permettra de répondre aux exigences environnementales plus strictes, conformément aux engagements internationaux de la Côte d’Ivoire », a déclaré le chef du gouvernement. Il a insisté sur l’importance de respecter les délais de réalisation des travaux et a salué l’engagement des partenaires financiers qui, selon lui, témoignent de la confiance renouvelée envers le pays et sa principale raffinerie.
La mise en place de ce complexe s’inscrit dans la feuille de route de la CEDEAO, qui prévoit une amélioration progressive de la qualité des carburants. La norme AFRI 5 fixe une teneur maximale en soufre de 50 ppm (parties par million) dans le gasoil. Mais la Côte d’Ivoire, par le biais de la SIR, a choisi d’aller plus loin en adoptant directement la norme AFRI 6, qui limite le taux de soufre à moins de 10 ppm. Cette décision positionne le pays en pionnier régional et offre des avantages considérables en termes de santé publique et de compétitivité industrielle.
Ce choix est un bénéfice direct pour nos industries, nos automobilistes et surtout pour la santé de nos populations
Pour Beugré Mambé, ce choix représente « un bénéfice direct pour nos industries, nos automobilistes et surtout pour la santé de nos populations », soulignant ainsi le caractère stratégique de cette avancée.
De son côté, le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a présenté ce projet comme un outil stratégique de la transition énergétique. Il permettra non seulement de transformer la qualité du gasoil produit localement, mais aussi d’assurer la disponibilité de produits conformes aux normes internationales les plus strictes.
Le premier jalon d’une série de projets structurants de la SIR
Selon lui, la construction de ce complexe constitue le premier jalon d’une série de projets structurants de la SIR, parmi lesquels figure également le projet d’une deuxième raffinerie. Les découvertes récentes en hydrocarbures devraient par ailleurs permettre à la Côte d’Ivoire de raffiner son propre pétrole brut, renforçant encore davantage la valeur ajoutée locale.
Le ministre a indiqué que ce projet réduira de 75 % les émissions de dioxyde de soufre (SO₂), contribuant de façon significative à l’amélioration de la qualité de l’air et à la protection de l’environnement. Il a aussi rendu hommage à la Banque africaine de développement (BAD) et à la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), partenaires financiers du projet, dont les appuis respectifs en devises et en monnaie locale témoignent de leur confiance en la SIR et en la Côte d’Ivoire.
Il a rappelé que la SIR a triplé son marché en 15 ans, passant de 1 million de tonnes traitées en 2011 à plus de 30 millions en 2025, grâce au dynamisme de l’économie ivoirienne
Le directeur général de la SIR, Tio Tio Soro, est revenu sur l’évolution de l’entreprise et les efforts consentis pour assurer sa pérennité. Il a rappelé que la SIR a triplé son marché en 15 ans, passant de 1 million de tonnes traitées en 2011 à plus de 30 millions en 2025, grâce au dynamisme de l’économie ivoirienne.
Il a exprimé la reconnaissance du personnel de la SIR au président Alassane Ouattara, dont les interventions ont permis de sauver l’entreprise d’une fermeture certaine. Il a rappelé plusieurs mesures fortes : le remboursement de la dette de 180 milliards FCFA issue de la crise (2012-2015), la mise en place d’un mécanisme de prix ex-SIR en 2013 pour garantir l’équilibre financier, ainsi que le soutien de l’État en 2018 pour restructurer la dette fournisseurs.
Une grande première en Afrique de l’ouest
« Aujourd’hui, grâce au financement de 545 milliards FCFA mobilisés pour ce complexe HDS, la SIR devient la première raffinerie en Afrique de l’Ouest à abriter une telle installation dans une structure existante », a affirmé Tio Tio Soro. Dès 2030, ce complexe produira du gasoil basse teneur en soufre conforme aux standards européens, répondant aux exigences techniques des véhicules de nouvelle génération tout en protégeant l’environnement.
Au-delà des aspects techniques, ce projet illustre la volonté de la Côte d’Ivoire de se positionner comme un hub énergétique régional. Le Premier ministre a souhaité que cette installation devienne « un outil de performance, un levier d’intégration régionale et un symbole de l’expertise ivoirienne ».
La SIR, qui s’impose déjà comme la plus grande raffinerie de la sous-région, renforcera ainsi son rôle dans l’approvisionnement en produits pétroliers de qualité pour la Côte d’Ivoire et ses voisins.
Avec ce complexe d’hydrodésulfuration, le pays prend une avance stratégique dans la transition vers des carburants propres. Ce chantier, fruit d’un partenariat solide entre l’État, la SIR et ses partenaires financiers, incarne une vision tournée vers l’innovation, la durabilité et la santé publique



