
Le secteur bancaire ivoirien s’est doté d’un nouvel instrument juridique et social. La Convention collective sectorielle des banques et établissements financiers a été signée mercredi au siège de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers de Côte d’Ivoire (APBEF-CI), en présence de représentants de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), du ministère de l’Emploi et de la Protection sociale, de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI), des directions des ressources humaines du secteur, ainsi que du Syndicat national des agents des banques, établissements financiers et assurances (SYNABEFA-CI).
“Un outil de progrès”
Cette convention, qui succède à celle de 1958 remplacée par un texte interprofessionnel en 1977, vise à répondre aux nouveaux enjeux sociaux, technologiques et économiques du secteur. Elle comporte neuf titres, vingt-trois chapitres et cent douze articles, assortis d’annexes comprenant notamment les grilles salariales et les classifications professionnelles.
« Depuis plus d’un demi-siècle, notre convention a été un symbole de stabilité et de progrès pour les acteurs du secteur bancaire. Mais 2025 n’a plus rien à voir avec 1958. Il devenait impératif d’avoir le courage de s’engager dans ce chantier », a déclaré le président de l’APBEF-CI, M. Ehui Jérôme, soulignant que ce nouveau texte est « un outil de progrès, un levier de cohésion sociale et un signal fort de modernisation »
Des avancées majeures
Parmi les principales évolutions introduites figurent la reconnaissance du télétravail et du droit à la déconnexion, une indemnité spéciale en cas de maladie de longue durée, une allocation de départ à la retraite, ainsi qu’un dispositif de protection contre le harcèlement et les violences en milieu professionnel. La convention intègre également une retraite complémentaire obligatoire, des congés exceptionnels élargis (mariage, décès, naissance, déménagement), et des mesures innovantes telles qu’un examen ophtalmologique annuel pour les employés exposés aux écrans ou la réduction horaire pour les travailleurs en sous-sol.
Du côté syndical, le secrétaire général du SYNABEFA-CI, Guebo Debo Nickel a salué « une convention adaptée aux réalités du monde du travail des temps modernes », tout en appelant à « la mettre régulièrement au goût du jour chaque fois que besoin se fera sentir ».
Les signataires estiment que le nouveau cadre permettra une harmonisation progressive des régimes, une amélioration continue des conditions de travail et une professionnalisation accrue du secteur. Pour les employeurs, il s’agit également d’un moyen de réduire le turnover et de renforcer l’attractivité de la profession.
« Désormais, il n’y aura plus de comparaison du type : “dans telle banque, ils ont tel avantage que nous n’avons pas”. Nous avons travaillé à uniformiser les droits pour renforcer la fidélisation », a insisté Dr MAR Mao, Directeur du cabinet M3-Consultants, qui a présenté les grandes lignes de la convention.
Présentée comme « moderne, équilibrée et inclusive », cette convention résulte de plusieurs mois de concertation entre partenaires sociaux, commissions spécialisées et le cabinet M3-Consultants. Elle marque, selon ses promoteurs, une étape décisive pour « pérenniser et professionnaliser le secteur bancaire ivoirien ».


