55 ans après l’accord de partenariat commercial, la Côte d’Ivoire et le Japon viennent de donner une cure de jouvence à leurs relations économiques.
Offensive éco-diplomatique le jeudi 21 août 2025, à Yokohama, au Japon. D’un côté de la table, le Premier ministre, Robert Beugré Mambé, les ministres des Affaires étrangères, Léon Kacou Adom, de l’Économie, du Plan et du Développement, Nialé Kaba, de la Communication, porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly et l’ambassadeur ivoirien au Japon, Désiré Wulfran Gbolié Ipo.
De l’autre côté, le ministre japonais de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie, Yoji Muto, entouré de ses collaborateurs. Au centre des échanges, une déclaration conjointe sur le commerce et l’investissement. Déclaration signée électroniquement par le ministre ivoirien du Commerce et de l’Industrie, Souleymane Diarrassouba (qui n’a pu effectuer le déplacement) et le ministre japonais, Yoji Muto.
Un accord donnant une nouvelle fraîcheur à l’accord de partenariat commercial. C’est que ce partenariat date de 1970. Et depuis, les réalités ont évolué. Aujourd’hui, il est question de l’adapter aux nouvelles orientations. C’est pourquoi la déclaration commune prend en compte et le commerce et l’investissement.
« Afin de stimuler davantage la coopération entre les deux pays, les deux parties ont réaffirmé leur engagement à renforcer les relations économiques (…) dans les domaines tels que : le soutien au commerce et aux investissements entre la République de Côte d’Ivoire et le Japon, le soutien à la collaboration entre la République de Côte d’Ivoire et les secteurs d’activité japonais, y compris l’envoi de missions commerciales dans les domaines d’intérêt pour les entreprises, le soutien au développement des ressources humaines qui contribuent à l’industrialisation de la République de Côte d’Ivoire, l’amélioration de l’environnement des affaires à la fois en République de Côte d’Ivoire et au Japon », mentionne en substance la déclaration.
En signant ces prédispositions, le ministre Yoji Muto estime que son pays s’engage sur la bonne voie.
En effet, le Japon considère la Côte d’Ivoire comme un partenaire stratégique en Afrique de l’Ouest. « Votre pays est une porte d’entrée. Votre pays nous intéresse fortement. La Côte d’Ivoire est un pays fiable. La sécurité est constante et vous avez une forte croissance économique », déclare le ministre japonais de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie.
Réagissant automatiquement à ces appréciations, le Premier ministre, Robert Beugré Mambé, demande à son hôte de faire de la Côte d’Ivoire sa base. De sorte à rayonner depuis le sol ivoirien sur tout le continent.
Pour illustrer sa pensée, le Premier ministre reste fidèle à l’usage de ses images. Cette fois, c’est la manière de boxer de l’Américain Mike Tyson qui l’inspire : « Premièrement, Mike Tyson est un combattant patient. La Côte d’Ivoire est un pays de patience. Deuxièmement, pendant ses combats, il a une technique. Il se rapproche d’abord de son adversaire. Il ne reste jamais loin et lorsqu’il découvre son point faible, alors, il lance un uppercut. Je vous demande de faire comme lui ».
Il s’agit donc de proposer aux entreprises japonaises de créer la proximité, en venant installer leur base en Côte d’Ivoire, et ensuite d’attaquer, stratégiquement, le marché à partir du territoire ivoirien.
Pour Beugré Mambé, la Côte d’Ivoire dispose à cet effet, d’arguments d’attraction solides. Il cite en premier l’hospitalité ivoirienne. La population ivoirienne est composée de 25 à 30% d’étrangers. « Nous sommes un pays ouvert, parce que tous les grands pays du monde sont représentés en Côte d’Ivoire », dit-il. L’autre atout qu’il relève est lié aux infrastructures disponibles.
Le dense réseau routier, la desserte par voie aérienne, le développement des télécommunications en font partie. Quant aux facteurs de production, les avantages comparatifs existent. À savoir la disponibilité de l’énergie, la bonne desserte en eau potable ainsi que la qualité des ressources humaines.
Des éléments qui sont de nature à optimiser les coûts de production. S’y ajoutent la bonne humeur du peuple ivoirien et les différents espaces de détente et de loisir, pour agrémenter le séjour des investisseurs étrangers. Au total, la déclaration conjointe crée une nouvelle ère de coopération économique entre le Japon et la Côte d’Ivoire.
Pour rappel, les entreprises japonaises en Côte d’Ivoire sont au nombre de 22. Elles exercent entre autres dans l’agriculture, la distribution automobile, les nouvelles technologies. L’assistance mutuelle, contenue dans l’engagement des deux pays, doit permettre d’augmenter considérablement ce chiffre.
Une journée marathon
Le jeudi 21 août 2025, sur le coup de 19h30min, heure du Japon (10h30 Gmt), lorsque le Premier ministre se rendait au banquet, il était à sa 13e activité de la journée. Entre audiences, rencontres bilatérales, signatures de mémorandum et plénière, il a eu une journée pleine.
Au pas de course, Beugré Mambé a honoré tous les rendez-vous de son calendrier. Retour sur quelques faits de ce jeudi de page « noire » d’activités.
Le Premier ministre a pris part à la deuxième plénière qui statuait sur l’économie. Les participants se sont surtout intéressés à l’énergie.
Duarte, la Secrétaire générale adjointe de l’Onu, a indiqué que le continent noir, qui représente 17% de la population mondiale, ne consomme que 3,3% de l’énergie internationale. « La France et l’Allemagne consomment plus d’énergie que tout le continent africain », a-t-elle révélé.
Il est bon de parler d’investissements et d’échanges commerciaux. Mais les investissements économiques sont synonymes d’industrialisation du continent. Et cette aventure nécessite de l’électricité disponible et à bon marché. De l’énergie, il en a fallu à la délégation ivoirienne au cours de cette journée marathon.
Au nombre des nombreuses audiences, figurent celles accordées au Premier ministre de la République démocratique du Congo (Rdc), Judith Suminwa Tuluka et à la cheffe du gouvernement tunisien, Sarra Zaafrani Zenzri.
Cette dernière a souhaité la tenue de la prochaine commission mixte entre les deux pays qui fêtent, cette année, 60 ans de coopération. L’enseignement supérieur, l’agriculture, le tourisme et le numérique sont, entre autres, les sujets qui lient la Tunisie et la Côte d’Ivoire.
Avec le Premier ministre congolais, il a été aussi question de remettre au goût du jour la commission mixte et de partage d’expérience en matière de stabilité et de paix.
La Banque européenne de reconstruction et de développement (Berd), la Nippon Electric Corporation (Nec), l’Organisation japonaise du commerce extérieur (Jetro), l’Agence japonaise de coopération (Jica), le maire de Yokohama, le président du conseil municipal de Yokohama ont tous eu un entretien avec le Premier ministre, Robert Beugré Mambé.
Il était accompagné par le ministre des Affaires étrangères, Léon Kacou Adom, de celui de la Communication, porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly et de Nialé Kaba, de l’Économie, du Plan et du Développement.



