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Transport aérien mondial: Une amélioration du taux global d’accidents malgré une hausse sensible du nombre de victimes

L’Association du transport aérien international (IATA) a publié, le 9 mars 2026 à Genève, son rapport annuel sur la sécurité aérienne pour l’année 2025. Le document fait état d’une amélioration globale du taux d’accidents dans le transport aérien mondial, même si le nombre de décès a augmenté sur la période.

Selon l’IATA, le taux global d’accidents s’est établi à 1,32 accident par million de vols en 2025, contre 1,42 en 2024. Concrètement, cela représente un accident pour 759 646 vols. Ce niveau reste toutefois légèrement au-dessus de la moyenne observée sur les cinq dernières années, estimée à 1,27 accident par million de vols.

Au total, 51 accidents ont été enregistrés en 2025 sur près de 38,7 millions de vols, soit un peu moins que les 54 accidents recensés en 2024. L’IATA note toutefois que ce chiffre demeure supérieur à la moyenne de 44 accidents observée entre 2021 et 2025.

Un bilan alourdi
En revanche, le bilan humain s’est alourdi. Huit accidents mortels ont été recensés en 2025, contre sept l’année précédente. Le nombre de victimes a atteint 394 décès, contre 244 en 2024. Deux accidents majeurs expliquent en grande partie cette hausse, notamment un vol d’Air India et un vol de PSA Airlines, qui totalisent à eux seuls plus des trois quarts des décès enregistrés dans le monde.

Pour Willie Walsh, directeur général de l’IATA, ces chiffres confirment toutefois la tendance de long terme à l’amélioration de la sécurité.

« L’avion reste le moyen le plus sûr pour parcourir de longues distances. Les accidents sont rares et chaque événement rappelle l’importance de poursuivre les efforts d’amélioration et de coopération fondés sur les données », a-t-il déclaré.
Sur la durée, les statistiques illustrent cette évolution. Au début des années 2010, on comptait un accident mortel pour 3,5 millions de vols. Sur la période 2021-2025, ce ratio est passé à un accident mortel pour 5,6 millions de vols.

Le rapport souligne aussi que la majorité des incidents en 2025 concernent des événements lors des décollages, des atterrissages ou des manœuvres au sol. Les cas les plus fréquents sont les contacts de la queue avec la piste, les incidents liés au train d’atterrissage, les sorties de piste et les dommages sur les aires de stationnement.

Plusieurs défis émergents
Par ailleurs, 16 % des accidents ont été associés aux infrastructures aéroportuaires, notamment en raison d’obstacles à proximité des pistes ou de conditions inadéquates sur les surfaces d’atterrissage. « Les infrastructures et l’environnement des pistes jouent un rôle critique dans la gravité des accidents », souligne Willie Walsh.

Sur le plan régional, l’Afrique affiche le taux d’accidents le plus élevé, malgré une amélioration notable. Le taux est passé de 12,13 accidents par million de vols en 2024 à 7,86 en 2025, un niveau inférieur à la moyenne des cinq dernières années dans la région.

L’IATA alerte également sur plusieurs défis émergents, notamment les interférences avec les systèmes de navigation par satellite (GNSS). Les cas de brouillage ont augmenté de 67 % entre 2023 et 2025, tandis que les incidents de manipulation du signal GPS ont progressé de 193 %.

Autre enjeu : la transparence des enquêtes. Selon l’IATA, seulement 63 % des rapports d’accidents publiés entre 2019 et 2023 étaient complets, ce qui limite l’apprentissage collectif pour améliorer la sécurité du transport aérien. Pour l’organisation, la publication rapide et détaillée des enquêtes reste un levier essentiel pour réduire les risques à l’échelle mondiale.

 

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