Après la fermeture de deux centres de visite technique, le directeur général de l’ARTI révèle des irrégularités dans le système de contrôle automobile et annonce un renforcement des inspections.
Des irrégularités dans certains centres de contrôle technique automobile en Côte d’Ivoire. C’est ce qu’a révélé, vendredi 13 mars 2026 à Cocody, le directeur général de l’Autorité de régulation du transport intérieur (ARTI), lors d’un point de presse organisé après le communiqué du ministère des Transports annonçant la fermeture de deux centres et la suspension des bancs mobiles.
Face aux journalistes, Assamoua Désiré N’Zi a expliqué que ces décisions font suite à des inspections effectuées par les équipes techniques de l’ARTI dans plusieurs villes du pays.
Des dysfonctionnements relevés
Selon le responsable, les contrôles effectués ont mis en évidence plusieurs pratiques contraires à la réglementation.
« Les informations concordantes que nous avons recueillies sont graves : les visites techniques ne se déroulent pas toujours comme il se doit, conformément à la réglementation en vigueur », at-il déclaré.
Les inspections ont notamment révélé l’absence ou le mauvais fonctionnement d’équipements essentiels, comme les bancs de freinage utilisés pour vérifier l’efficacité du système de freinage des véhicules. Dans certains cas, les procédures n’étaient pas respectées.
Les techniciens ont également constaté des situations plus préoccupantes. « À Boundiali, un cas a été confirmé de délivrance de visite technique à un véhicule resté à Abidjan », a indiqué le directeur général.
Pour l’ARTI, de telles pratiques posent un problème de sécurité publique. « Ces pratiques compromettent la sécurité des usagers et ne peuvent être tolérées », a insisté Assamoua Désiré N’Zi.
Deux centres fermés, les bancs mobiles suspendus
À la suite de ces constats, le ministère des Transports et des Affaires maritimes a décidé de fermer, à titre conservatoire, les centres de visite technique d’Adzopé et de Boundiali. Dans le prolongement de ces décisions, les autorités préviennent que ces irrégularités pourraient entraîner des sanctions contre les acteurs impliqués.
Les entreprises exploitant les centres concernés pourraient voir leur responsabilité engagée si leur implication est établie. Les usagers ayant obtenu des attestations de visite technique de manière irrégulière sont également visés. Les véhicules identifiés dans ces dossiers, déjà retirés de la circulation lors des inspections, resteront immobilisés en attendant les vérifications administratives et techniques prévues par la réglementation.
Parallèlement, les autorités ont suspendu l’utilisation des bancs mobiles sur l’ensemble du territoire. Ces dispositifs, souvent utilisés dans certaines localités, feront l’objet d’une technique de vérification.
Les équipes de l’ARTI et de la Direction générale des transports terrestres et de la circulation routière doivent passer en revue ces installations à partir du 17 mars. Les équipements jugés conformes pourront reprendre leur activité.
Un réseau national largement maintenu
Le directeur général de l’ARTI a toutefois tenu à rassurer les automobilistes. Le dispositif national reste en grande partie opérationnelle. Sur 37 centres fixes recensés dans le pays, 35 continuent d’accueillir les véhicules.
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Ces sites sont exploités par plusieurs opérateurs du secteur, dont SICTA, Mayela, Recta et Silotec. Une vingtaine de bancs mobiles complètent ce dispositif.
L’ARTI rappelle que ces équipements mobiles ne remplacent pas les installations fixes. Leur utilisation reste limitée sur le plan technique.
Vers un contrôle renforcé
À l’avenir, l’administration prévoit de renforcer la supervision du système. Des représentants de l’État seront présents dans les centres afin de vérifier que les véhicules se présentent effectivement aux contrôles.
Ces mesures s’inscrivent dans le cadre de l’opération « Tolérance zéro » lancée par le gouvernement pour améliorer la sécurité routière.
Pour Assamoua Désiré N’Zi, l’objectif est clair : « La vie des Ivoiriens passe avant toute considération économique ».
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Les centres concernés pourront rouvrir après la correction des défauts constatés, tandis que les bancs mobiles ouvriront progressivement leurs activités après la mission d’inspection annoncée.
Les autorités annoncent également qu’à partir du 1er juillet 2026, l’apposition de la vignette de visite technique sur le pare-brise des véhicules redeviendra obligatoire, comme par le passé. Une mesure appelée à s’étendre ensuite aux attestations d’assurance automobile.



