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Au Lesotho: 6,2 milliards USD pour la construction d’une centrale hydroélectrique et d’un centre de données IA


Le groupe américain Convalt Energy a signé, jeudi 4 juin, un protocole d’accord contraignant avec le gouvernement du Lesotho en vue de la construction d’une centrale hydroélectrique et d’un centre de données dédié à l’IA, pour un investissement total estimé à 6,2 milliards de dollars.

Il s’agit du plus important engagement d’investissement jamais enregistré dans ce royaume enclavé d’Afrique australe. Le projet prévoit la production d’au moins 1 200 mégawatts d’énergie hydroélectrique, ainsi que l’implantation d’un data center alimenté en énergie verte à proximité du barrage de Kobong, dans la région montagneuse de Mokhotlong, au nord-est du pays.

Selon le porte-parole du gouvernement, Boitelo Rabele, cette initiative devrait positionner le Lesotho au cœur de deux secteurs en forte expansion , l’énergie propre et les technologies numériques. « Ce projet reflète la confiance croissante des investisseurs internationaux dans le Lesotho en tant que destination de partenariats à long terme », a-t-il déclaré.

Les autorités soulignent que, malgré les études de faisabilité encore nécessaires, la signature de cet accord constitue un signal stratégique fort. Le projet pourrait notamment renforcer l’indépendance énergétique du pays, réduire sa dépendance aux importations d’électricité, favoriser la création d’emplois et stimuler l’écosystème économique local.

Au-delà de son montant équivalent à près de trois fois le PIB du Lesotho, estimé à 2,27 milliards de dollars en 2024 selon la Banque mondiale , le projet se distingue par son modèle d’intégration verticale, combinant production d’énergie renouvelable et infrastructures de calcul intensif.

Cette approche répond à un enjeu majeur du développement des centres de données à l’échelle mondiale, l’accès à une électricité fiable et abondante. De nombreux projets, en Afrique comme ailleurs, ont en effet été ralentis par des contraintes énergétiques.

Le timing de l’investissement s’inscrit également dans une dynamique de forte croissance de la demande en infrastructures numériques. D’après un rapport de McKinsey publié en novembre 2025, la demande en data centers en Afrique pourrait être multipliée par 3,5 à 5,5 d’ici 2030, portée par la digitalisation des économies et l’essor de technologies comme l’intelligence artificielle et le cloud.

Cette initiative illustre un retour notable des capitaux privés américains dans le financement des infrastructures africaines, un secteur historiquement dominé par les entreprises publiques chinoises dans le cadre des Nouvelles routes de la soie.

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