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Nigeria : Dans les monts Mandara, 360 otages de Boko Haram retrouvent la liberté

C’est dans les monts Mandara, une zone réputée pour son relief coupant et ses cachettes naturelles, que les forces armées nigérianes ont porté un coup discret mais efficace à une faction de Boko Haram. Plusieurs semaines de travail de fourmi ont précédé l’assaut. Le renseignement, sous toutes ses formes, humain, électromagnétique, surveillance aérienne, a permis de localiser avec précision les lieux de détention, de cartographier les positions des combattants et d’identifier leurs dispositifs de sécurité.

L’intervention, menée par des unités des forces spéciales et des troupes de l’opération Hadin Kai, s’est déroulée dans l’État de Borno, épicentre historique de l’insurrection jihadiste. 360 personnes, hommes, femmes et enfants, ont été extraites vivantes d’un enfer dont on ne sort que rarement par ses propres moyens.

L’effet de surprise comme clé de voûte
Selon le communiqué officiel, les actions psychologiques menées avant l’assaut ont contribué à désorganiser les rangs adverses. Quand les troupes nigérianes ont lancé leur offensive coordonnée sur plusieurs axes, l’effet de surprise a été total. Des combattants se sont dispersés dans les montagnes environnantes, d’autres se sont rendus sans livrer bataille. L’encerclement de la zone et la sécurisation des points stratégiques ont empêché toute fuite organisée. Les 360 otages secourus ont aussitôt été évacués vers des zones sûres, où une assistance médicale et humanitaire leur est actuellement prodiguée. Deux nourrissons, hélas, n’ont pas survécu. Leur décès, imputable à l’épuisement accumulé durant la captivité et aux difficultés de l’évacuation en terrain escarpé, assombrit une nouvelle par ailleurs saluée comme une réussite tactique. Le nord du Nigeria n’en est pas à son premier enlèvement de masse. La faction ciblée, Jama’atu Ahlis Sunna Lidda’awati wal-Jihad (JAS), liée à Boko Haram, avait déjà frappé dans cette même localité en mars dernier, au début du ramadan. Depuis des années, le bassin du lac Tchad subit les attaques jihadistes, les déplacements forcés de populations et un lourd tribut humain, des dizaines de milliers de morts, des millions de déplacés.

Pendant ce temps, ailleurs au Nigeria, d’autres drames se jouent. Plusieurs jours de manifestations ont récemment réclamé la libération d’une quarantaine d’élèves et de leurs sept professeurs, kidnappés mi-mai dans l’État d’Oyo. Un enlèvement de masse inédit dans le sud-est du pays, preuve que la menace ne se limite pas aux zones historiquement insurgées. Les autorités militaires ne considèrent pas l’affaire comme classée. Des opérations de ratissage se poursuivent dans les monts Mandara. Leur but : localiser les combattants encore en fuite, démanteler les réseaux logistiques et prévenir de nouvelles captures. Le haut commandement met en avant la coordination entre unités et la qualité du renseignement comme facteurs décisifs de cette opération. Pour les 360 libérés, le chemin est long. La liberté physique ne suffit pas ; il faudra panser les corps et les esprits. Mais ce dimanche 7 juin, dans les ruelles poussiéreuses de Borno et au-delà, une bouffée d’air frais a traversé le pays. Preuve que, même dans les maquis les plus impénétrables, la main de l’armée peut encore atteindre ceux que l’on croyait perdus.

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