La vieille Grébo Omome Rosalie, née le 01 janvier 1923 à Tiépa, s’est donné la mort par pendaison, dans la nuit du lundi 02 au mardi 03 février à Tchédjelet, village situé dans la sous-préfecture de Gagnoa.
Sur le lieu du drame jouxtant un champ de manioc, le corps sans vie était suspendu à un morceau de pagne avec quelques blessures légères aux pieds. Dans la concession familiale, la consternation était grande. D’autant plus que cette mort brutale venait se rajouter au décès d’une autre habitante de la cour dont les funérailles n’étaient pas encore achevés.
Une équipe de la brigade de gendarmerie de Gagnoa a procédé au constat d’usage. Quant au docteur Karamoko Tato Théophile, infirmier de Digbeugnoa, village voisin, il a proposé une autopsie du corps.
Selon les témoignages recueillis auprès des proches de la famille de la défunte, rien ne présageait une telle attitude de la dame de 92 ans. Cependant, d’autres sources soutiennent qu’elle se serait donné la mort parce que des langues l’accusent d’être une sorcière. Dans la famille, notre interlocuteur Zasso Dabié Honoré nous donne sa version des faits. «Je suis instituteur à Oupoyo 1, un village de Soubré. Je suis présentement au village pour cause de maladie. C’est aux environs de 23 h que j’ai découvert le corps de la vieille. Nous étions tous assis sur la terrasse quand elle a voulu entrer dans les toilettes pendant que ma femme y était. Après sa toilette, grande fut sa surprise de constater que malgré ces appels, la vieille ne faisait aucun signe de vie. Nous nous sommes mis à sa recherche et nous avons découvert son corps pendu, sans vie. Séance tenante, nous avons informé la chefferie traditionnelle. Dire qu’il y avait des problèmes, je ne suis pas informé», a-t-il déclaré.
Toujours dans le village, des avis révèlent que dame Grébo Omome Rosalie est venue s’installer chez son frère après une aventure sans issue dans son foyer. Malheureusement, n’ayant jamais connu la joie de l’enfantement et vu son âge avancé, ces deux facteurs ont suffi pour qu’elle soit taxée de sorcière dans le village. «Depuis son arrivée, les décès se sont multipliés. Il y a eu quatre décès dans son entourage. Vous savez que chez nous en Afrique, quand tu ne fais pas d’enfant et que tu es âgé, on te traite de sorcière. Récemment, il y a eu une réunion familiale à laquelle elle a pris part. Au cours de la rencontre, elle a montré son indifférence. Cette situation n’a pas plu à l’assistance. C’est tout cela qui a sûrement soulevé le déclic», a confié un proche sous le couvert de l’anonymat.
La chefferie traditionnelle de Tchédjelet, conduite par son chef Lambert Gbizié, a été très active. Elle s’est rendue au chevet de la famille éplorée pour lui témoigner sa compassion. Au plan traditionnel, des rituels ont été prévus pour conjurer les mauvais sorts. Au moment où nous mettions sous presse, les dispositions étaient en vue pour l’enterrement de la défunte de 92 ans.



