Le parquet d’Abobo a annoncé l’inculpation de 18 personnes après les violences survenues le 4 août à Kossandji, dans le département d’Alépé. Sept personnes ont été tuées, plusieurs autres blessées et une personne reste portée disparue, selon le communiqué du procureur. Sur place, les forces de sécurité appellent désormais les habitants au calme, alors que la peur reste présente dans le village.
Le bilan officiel s’est alourdi. Dans un communiqué daté du mercredi 12 août, le procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Abobo indique que les affrontements du 4 août à Kossandji, dans la sous-préfecture de Danguira, ont fait sept morts et plusieurs blessés. Une personne est également portée disparue. D’importants dégâts matériels ont été enregistrés.
À la suite des violences, le parquet avait ordonné l’ouverture d’une enquête pour identifier et interpeller les auteurs. Les investigations ont conduit à l’arrestation de 18 personnes, déférées au parquet le 12 août.
Plusieurs poursuites
Une information judiciaire a été ouverte contre ces personnes pour plusieurs infractions. Le parquet cite notamment le meurtre, les troubles à l’ordre public, la détention illégale d’armes à feu des cinquième et sixième catégories et l’association de malfaiteurs.
Sont également visés des faits de vol en temps de nuit et en réunion, de dégâts volontaires à la propriété mobilière d’autrui, de destruction volontaire de tout ou partie d’immeubles au moyen d’un incendie, ainsi que de coups et blessures volontaires.
Les 18 personnes ont été inculpées pour ces faits et placées sous mandat de dépôt, précise le procureur.
Le communiqué ne donne, en revanche, ni leurs identités ni le rôle précis attribué à chacune d’elles. L’information judiciaire doit donc encore déterminer les responsabilités individuelles dans les violences.
Un village sous tension
Sur le terrain, le retour au calme reste une priorité. Le Commandant supérieur de la Gendarmerie nationale s’est rendu à Kossandji et a appelé les populations à l’apaisement, à éviter les provocations et à privilégier le dialogue.
Des habitants ont quitté temporairement le village après les violences, certains ayant trouvé refuge dans des installations de la SODEFOR. Plusieurs témoignages font également état d’une forte inquiétude concernant la reprise des déplacements vers les plantations.
Sur les réseaux sociaux, de nouvelles publications continuent par ailleurs de circuler. Certaines montrent des jeunes présentés comme impliqués dans les violences et affirment qu’ils se seraient réfugiés en forêt. D’autres publications évoquent des destructions de campements. Ces éléments ne sont pas confirmés par le communiqué du parquet et doivent donc être considérés avec prudence, en attendant les conclusions des enquêteurs.
Une origine encore discutée
Le parquet ne précise pas, dans son communiqué, l’élément déclencheur des affrontements. Plusieurs sources locales évoquent toutefois un différend autour d’une parcelle forestière qui aurait progressivement dégénéré avant de prendre une dimension communautaire.
Selon ces sources, une altercation aurait d’abord opposé des personnes liées à un conflit familial et à l’exploitation de la parcelle. Des renforts auraient ensuite été appelés, faisant monter la tension dans la localité.
Des témoignages font aussi état de tirs, d’agressions à l’arme blanche et de pillages durant les violences. Les circonstances précises de ces faits devront toutefois être établies par l’enquête judiciaire.



