Une liaison ferroviaire directe à grande vitesse a été inaugurée, lundi, entre Paris et Berlin. Assurée par des trains allemands, cette nouvelle ligne quotidienne s’inscrit dans une dynamique de promotion du transport ferroviaire en Europe, comme alternative écologique à l’avion.
Paris et Berlin en huit heures. Pour la première fois, les deux capitales européennes seront reliées, lundi 16 décembre, par un train à grande vitesse, un pari allant dans le sens d’une Europe ferroviaire, face à la concurrence du transport aérien.
Cette nouvelle liaison, avec un train par jour dans chaque sens, a été inaugurée avec le départ d’un premier convoi de la gare de l’Est, à Paris, à 9 h 55. Arrivée prévue à 18 h 03.
Le lancement s’est fait en présence du PDG de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, et de la directrice de la production de la Deutsche Bahn (DB), Anja Shöllman. Pas de ministre en revanche, l’équipe démissionnaire expédiant les affaires courantes en attendant la nomination du nouveau gouvernement de François Bayrou.
La liaison est assurée par des ICE, les trains à grande vitesse allemands, et non les TGV français. Ils desserviront aussi Strasbourg et, en Allemagne, les gares de Karlsruhe et Francfort.
Il n’existe pas à l’heure actuelle de train direct entre Paris et Berlin et il faut plus de huit heures pour joindre les deux capitales avec au moins un changement.
Argument écologique
SNCF Voyageurs et la Deutsche Bahn avaient annoncé cette nouvelle liaison directe en mai 2022, la promettant initialement pour fin 2023. En septembre 2024, la date d’inauguration avait finalement été fixée au 16 décembre, avec un prix d’entrée à 59,99 euros en seconde classe et 69,99 euros en première classe.
Les prix seront dans les faits soumis au “yield management”, un système de tarification qui module les montants en fonction du taux de remplissage des trains.
Les deux exploitants ferroviaires insistent sur l’argument écologique, soulignant qu’un Paris-Berlin en train émet 2kg de CO2 par passager, contre 200 kg pour un voyage en avion.
Ils font aussi le pari que les huit heures de trajet n’effraieront pas les voyageurs, sur fond d’engouement pour le train. “Il y a de plus en plus de gens pour qui ça ne pose pas de problème, tant mieux !”, avait lancé Jean-Pierre Farandou lors de l’annonce du projet, en mai 2022.
Avec cette ligne à grande vitesse, le nombre de liaisons quotidiennes entre la France et l’Allemagne va passer de 24 à 26.
De grands chantiers avant le doublement des TGV
En décembre 2023, la relance du train de nuit entre les deux capitales avait déjà donné lieu à une grande opération de communication de la SNCF et de la Deutsche Bahn. Avant sa suspension plusieurs mois pour travaux, entre août et octobre dernier.
L’Union européenne vise le doublement du trafic ferroviaire international à grande vitesse sur le continent d’ici 2030 et le triplement d’ici 2050, pour respecter ses engagements climatiques.
Cela signifie ajouter “20 000 km de lignes à grande vitesse” d’ici 2050 sur le continent, qui en compte aujourd’hui 11 300, avait relevé en septembre le responsable de la longue distance à la Deutsche Bahn, Michael Peterson.
Pour ce faire, le continent a cependant de grands chantiers devant lui, à commencer par l’extension d’un système de signalisation standardisé.



