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AES-phile, Nathalie Yamb affichée comme ennemi public de l’UE, suivi du gel de ses avoirs

A force de s’aligner et de défendre ses convictions pour les régimes militaires et leurs alliances avec des partenaires géopolitiques défavorables à l’Union des Européens, l’activiste suisse d’origine camerounaise est désormais l’ennemi public numéro un du vieux continent. Nathalie Yamb passe à compter de ce 26 juin 2025 sur la liste noire de l’Europe.

Pour l’activiste, la page européenne semble désormais tournée, du moins pour un temps. A 56 ans, Yamb paie les pots cassés de ses prises de position pro-russe. Avec des liens dérangeants avec Wagner, la suisso-camerounaise est désormais déclarée persona non grata dans l’espace Schengen. Nathalie Yamb se retrouve au cœur d’une mesure qui illustre la crispation des autorités européennes face à l’influence russe sur le continent africain.

Un tir à bout portant sur la militante
Nathalie Yamb voit son engagement pro-russe lui coûter cher. Le Conseil européen lui reproche des liens jugés problématiques avec « une organisation liée à des sociétés militaires privées russes ». La décision, publiée au Journal officiel de l’Union, s’accompagne d’un gel de ses avoirs sur le territoire européen.

L’activiste rejoint ainsi la liste de quarante-six personnalités et entités sanctionnées pour leur soutien présumé aux activités russes, à la guerre en Ukraine ou à des campagnes d’influence visant les États membres de l’UE, notamment lors des périodes électorales.
Ce tour de vis est de l’ordre d’une première mesure prise en octobre 2024, qui avait déjà ciblé des personnalités accusées d’appuyer des « activités déstabilisatrices menées par la Russie ». La liste, jusqu’ici dominée par des citoyens russes issus du monde militaire ou du renseignement, s’ouvre donc à des profils plus atypiques, à l’image de Nathalie Yamb.

Proximité revendiquée avec Wagner avec des perdiems russes encaissables
Le Conseil européen met en avant la participation de Nathalie Yamb à des événements organisés par l’Association for free research and international cooperation (Afric), une structure identifiée comme proche du groupe Wagner. Depuis le sommet de Sotchi en 2019, où elle s’était affichée aux côtés de figures de la sphère russe, la militante n’a jamais caché sa sympathie pour Moscou, ni son soutien à la présence de Wagner sur le continent africain, notamment au Mali.

Dans un entretien accordé à la Radio télévision suisse (RTS) en mars 2023, Nathalie Yamb allait jusqu’à déclarer qu’elle ne verrait pas d’inconvénient à recevoir une rétribution de la part de Vladimir Poutine ou d’Evgueni Prigojine, fondateur du groupe Wagner.
Cette proximité, déjà relevée par le Département d’État américain, avait valu à Yamb d’être qualifiée d’« agent d’influence de l’écosystème de désinformation et de propagande lié à Prigojine », dans une note de novembre 2022. La décision européenne souligne que, par ses prises de parole et ses actions, Nathalie Yamb « soutient des politiques imputables au gouvernement russe qui compromettent ou menacent la démocratie, l’État de droit, la stabilité ou la sécurité de l’Union ou de ses États membres, notamment par la manipulation de l’information ».

Une trajectoire sous surveillance
Dès janvier 2022, la France avait pris les devants en lui interdisant l’entrée et le séjour sur son sol. Les autorités françaises avaient alors invoqué ses « diatribes récurrentes » contre la France et ses institutions, ainsi que son soutien affiché à des actions hostiles à la présence française en Afrique. Paris estimait que ses positions pouvaient « favoriser l’entrisme des puissances étrangères hostiles à la France sur le continent africain » et « alimenter un ressentiment populaire anti-français », aussi bien en Afrique qu’au sein des diasporas.

La Suisse, son pays d’adoption, observe jusqu’ici une certaine réserve, mais la trajectoire de Nathalie Yamb est désormais scrutée de près par les chancelleries européennes. À la croisée des enjeux géopolitiques et des nouvelles formes d’influence, le cas Nathalie Yamb illustre la crispation des relations entre l’Europe et certains acteurs africains, sur fond de rivalités internationales et de recomposition des alliances.

 

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