Taipei rappelle son adhésion à l’OMC en 2002 en tant que « territoire douanier distinct de Taïwan, Penghu, Kinmen, Matsu (Taipei chinois) ».
Le communiqué insiste sur le droit égal de participation, sans subordination à un autre membre. Taïwan avait déjà pointé une attitude servile du Cameroun envers Pékin dans le passé. L’OMC n’a pas souhaité commenter l’incident pour l’heure. La Chine considère Taïwan comme une partie intégrante de son territoire. Pékin multiplie les pressions pour effacer la présence internationale de l’île, en bloquant ses accès aux forums mondiaux. Toute référence à « Taïwan » ou « République de Chine », son nom officiel, suscite souvent des oppositions de la part de la diplomatie chinoise. Ce geste de Yaoundé s’inscrit dans un contexte où Pékin gagne du terrain en Afrique centrale. Le Cameroun, comme d’autres pays, aligne sa terminologie sur celle de son partenaire chinois pour éviter des frictions. L’incident révèle les tensions persistantes autour du statut de Taïwan sur la scène multilatérale.
L’axe Yaoundé-Pékin
Les échanges commerciaux entre le Cameroun et la Chine ont dépassé la barre des 1 600 milliards de FCFA en 2024, selon l’Institut national de la statistique (INS). Pékin reste le premier partenaire économique de Yaoundé, avec des exportations camerounaises dominées par le pétrole brut (83% du total vers la Chine, à 535,1 milliards FCFA) et le bois. De son côté, le Cameroun importe des produits manufacturés : herbicides, pneumatiques, carreaux, verre et acier. Cela génère un déficit commercial de 714,3 milliards FCFA en 2023, la Chine détenant 18,9% des parts de marché fournisseurs. Les importations depuis Pékin ont bondi de 82% entre 2017 et 2023, pour atteindre 4 724,5 milliards FCFA. La coopération sino-camerounaise remonte au 26 mars 1971, date d’établissement des relations diplomatiques. Structurée autour du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC), elle porte sur les grands chantiers. La Chine finance le port en eau profonde de Kribi, l’immeuble de l’Assemblée nationale, des hôpitaux, des routes et des projets énergétiques. Plus de 3 500 fonctionnaires camerounais ont reçu une formation en Chine. La coopération médicale progresse, avec des échanges constants. Pékin agit aussi comme principal créancier et soutien diplomatique mutuel sur la scène internationale. Le FOCAC oriente la relation vers l’industrialisation locale et la modernisation. Des accords récents (2025-2026) renforcent la formation professionnelle et les compétences techniques. Pékin promeut des parcs industriels en Afrique, des investissements dans les infrastructures et des secteurs comme l’énergie verte ou l’e-commerce. Des sommets comme celui de Pékin en septembre 2024 ont consolidé ces liens, avec des engagements pour une communauté d’avenir partagé. La visite de Paul Biya en Chine en 2018 avait scellé cinq accords économiques. Le dernier déplacement du président camerounais à Pékin date de 2024, dans le cadre du FOCAC.
Gaz naturel, Pétrole, et Bois : Le Cameroun et la Chine stimulent la nouvelle norme de coopération douanière
L’incident OMC pourrait resserrer les liens Yaoundé Pékin. La Chine apprécie les soutiens africains sur la question taïwanaise, comme elle le fait en retour sur d’autres dossiers internationaux. Taïwan perd un espace multilatéral, tandis que le Cameroun consolide sa position auprès de son premier partenaire. Yaoundé accueille cette conférence dans un contexte économique tendu. Le déficit commercial avec la Chine pèse, mais les investissements dans les infrastructures compensent en partie. Pékin reste un allié clé pour le développement, au-delà des divergences potentielles. Taïwan participe à l’OMC depuis 2002 sous un statut spécial, qui lui garantit une voix distincte. Les réunions ministérielles rassemblassent les 164 membres pour fixer les orientations commerciales mondiales. Celle de Yaoundé, en mars 2026, met le Cameroun sous les feux des projecteurs. L’absence taïwanaise souligne les limites de ce statut face aux pressions chinoises. D’autres pays africains ont déjà adopté des positions similaires par le passé. L’épisode rappelle que les alliances économiques influencent les choix diplomatiques en Afrique



