La mort tragique de Johan Bounda, marin gabonais, suite à des actes de torture présumés, a déclenché une onde de choc dans le pays. Le président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguéma, a rapidement pris des mesures pour faire face à ce scandale.
Après avoir présenté ses condoléances à la famille du défunt, il a ordonné des actions concrètes pour que justice soit faite, comme l’indique un communiqué du ministère de la Défense publié jeudi.
Deux généraux et huit soldats dans le viseur de la justice
Parmi les principaux suspects figurent deux généraux, dont l’audition a été autorisée par Oligui Nguéma, et huit soldats désormais en détention préventive pour torture. Ces derniers incluent des officiers et sous-officiers identifiés dans l’affaire, notamment le lieutenant Nzong Mintsa Steve et le sergent chef Rolly Octave Ayanguala Lambira. « L’enquête déterminera tous les autres cas de complicité active ou passive pour identifier les responsables », a déclaré le lieutenant-colonel Christian Ossiba sur la télévision nationale.
En parallèle, une réunion de crise du haut commandement des forces armées a été convoquée pour examiner les implications de cette affaire, notamment le rôle des généraux cités. Pour garantir l’intégrité des investigations, le président a décidé de transférer l’enquête de la Direction générale des contre-ingérences et de la sécurité militaire (B2) à la Direction générale des recherches (DGR) et à la Direction générale des services spéciaux (DGSS). Une décision saluée comme un signal fort dans la lutte contre l’impunité au sein des forces armées gabonaises.
Le procureur accable l’armée
Dans une déclaration percutante, le procureur de la République, Bruno Obiang Mvé, a confirmé la découverte du corps de Johan Bounda, présentant des signes de torture, à la morgue de l’hôpital militaire du PK9. Selon lui, le jeune militaire aurait été pris à partie de manière violente après une accusation de vol présumé. « Ces faits d’une extrême gravité, s’ils sont établis, constituent une violation flagrante des droits fondamentaux garantis par notre constitution », a-t-il affirmé.
Le procureur a également rappelé des précédents récents d’abus militaires, notamment des humiliations publiques infligées à des civils, renforçant l’urgence d’une réforme dans la chaîne de commandement. La plateforme politique Ensemble pour le Gabon, dirigée par l’ancien Premier ministre Alain Claude Bilie By Nze, a exigé une enquête indépendante et transparente pour établir les responsabilités. « Nous présentons nos condoléances à la famille de Johan Bounda et appelons à une justice impartiale dans cette affaire », a déclaré le groupe dans un communiqué.



