
Présentée officiellement par les autorités locales, cette percée a pour but d’analyser la composition démographique en temps réel dans différents quartiers urbains. Igor Nikonov, directeur adjoint de la commission des technologies de l’information et des communications de la municipalité, a expliqué au média 78.ru que ce système unique permet « la reconnaissance de plusieurs types d’origines ethniques et de nationalités, six catégories au total », facilitant ainsi l’identification de la concentration de certains groupes dans des zones précises de la ville. Il a précisé que « les forces de l’ordre prennent les décisions appropriées » grâce aux informations récoltées.
Surveiller l’afflux migratoire dans la « Venise du Nord »
Ce projet de vidéosurveillance intervient dans un contexte de forte augmentation de la population migrante à Saint-Pétersbourg. Selon les chiffres publiés par le Service fédéral des statistiques de la ville et de la région de Leningrad, le nombre de migrants est passé de 9 800 personnes en 2023 à 70 500 en 2024, soit une hausse spectaculaire en l’espace d’une seule année. Pour faire face à cette situation, les autorités envisagent un déploiement massif de 8 000 caméras dotées de la fonction de reconnaissance ethnique dans l’ensemble du réseau municipal, comme l’avait annoncé, en février 2025, Oleg Kapitanov, chef du Comité des relations interethniques, lors d’une réunion avec les élus locaux.
Selon les chiffres publiés par le Service fédéral des statistiques de la ville et de la région de Leningrad, le nombre de migrants est passé de 9 800 personnes en 2023 à 70 500 en 2024, soit une hausse spectaculaire en l’espace d’une seule année.
Cette mouvance traduit une volonté affichée de contrôler étroitement la présence et les déplacements des migrants dans cette métropole. La mesure suscite toutefois de nombreuses interrogations, notamment en matière de respect des libertés individuelles et de discrimination potentielle. Saint-Pétersbourg est la deuxième plus grande ville de Russie et demeure l’un des centres culturels majeurs du pays, réputée pour son patrimoine architectural exceptionnel, notamment ses palais et musées. Fondée par le tsar Pierre le Grand en 1703, cette cité historique est parfois surnommée la « Venise du Nord » en raison de ses canaux et de ses ponts.
L’utilisation de technologies de surveillance aussi avancées que controversées témoigne de la pression que les autorités subissent face aux bouleversements démographiques et sociaux. Alors que la ville se transforme sous l’effet de la migration, cette démarche souligne les tensions et les enjeux security-centric (centrés sur la sécurité) qui guident les politiques locales. La mise en œuvre du projet « Cité sûre » place Saint-Pétersbourg parmi les villes européennes où la vidéosurveillance s’intensifie au nom de la sécurité, mais soulève un débat important sur l’équilibre entre contrôle, vie privée et respect des droits fondamentaux.


