04222026Headline:

Garanties pour l’Ukraine : La coalition occidentale broie du noir face aux réticences russes

Jeudi 4 septembre 2025, à Paris, s’est tenue une réunion de la « coalition des volontaires » pour l’Ukraine, à l’initiative du président français Emmanuel Macron et du Premier ministre britannique Keir Starmer. En présence de plusieurs dirigeants européens et du président ukrainien Volodymyr Zelensky, l’objectif était d’évoquer les garanties de sécurité que l’Occident est prêt à accorder à l’Ukraine, notamment dans l’hypothèse d’un futur accord de paix. Cette rencontre se tient alors que le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, a réaffirmé que ce n’est pas à la Russie de décider des modalités du soutien militaire occidental en Ukraine.

Lors d’une conférence sur la sécurité à Prague, Mark Rutte a insisté : « Pourquoi devrions-nous nous intéresser à ce que pense la Russie au sujet des troupes en Ukraine ? Ce n’est pas à elle de décider. » La position de l’Alliance atlantique reste ferme sur le maintien d’un soutien militaire solide à Kiev, ainsi que sur l’exploration de garanties capables d’empêcher toute nouvelle agression russe une fois le conflit suspendu.

Les ambitions européennes et l’attente ukrainienne
Accueillant Volodymyr Zelensky à l’Élysée, Emmanuel Macron a déclaré que l’Europe était « au rendez-vous, pour la première fois avec ce niveau d’engagement et d’intensité ». Le chef de l’État a précisé que les garanties de sécurité à l’Ukraine seraient mises en place lorsque la paix sera signée, après une phase préparatoire désormais considérée comme achevée. Toutefois, la question de la sincérité de la Russie demeure centrale. « La vraie interrogation concerne la volonté de Moscou de respecter ses engagements, notamment ceux qu’elle a proposés aux États-Unis », a poursuivi Emmanuel Macron.

En effet, si côté occidental les espoirs reposent sur une paix durable, les doutes sur la démarche russe sont nombreux, avec peu de signes concrets d’une volonté réelle d’apaisement. Dans ce contexte, les Ukrainiens réclament des réponses précises quant aux mécanismes qui pourraient empêcher un retour des hostilités. Plusieurs scénarios ont été avancés, parmi lesquels le déploiement de troupes alliées sous mandat de maintien de la paix ou la sécurisation du ciel ukrainien par des forces amies, voire américaines. Ces options, évoquées à plusieurs reprises, n’ont pas encore reçu de validation claire, ce qui alimente la prudence à Kiev.

Un soutien américain ambigu et des divergences européennes
La question d’une force multinationale stable nécessite un engagement crédible des États-Unis. Or, l’actuel président américain, Donald Trump, a clairement exclu l’envoi de troupes américaines au sol en Ukraine. Cependant, la coalition de volontaires européens espère toujours pouvoir compter sur un soutien américain, notamment sous forme de renseignement, de logistique et d’appui matériel. À l’issue de la réunion parisienne, Emmanuel Macron et Volodymyr Zelensky doivent s’entretenir par téléphone avec Donald Trump, pour évoquer notamment l’intensification des sanctions contre la Russie. Le président américain a récemment laissé entendre qu’il « se passerait quelque chose » si Vladimir Poutine ne répondait pas à ses attentes sur le dossier ukrainien, sans préciser la nature exacte de cette éventuelle initiative.

Sur le plan européen, la situation est loin d’être unilatérale. L’Italie, par exemple, participera à la réunion uniquement par visioconférence, signe d’un désaccord tacite avec certains de ses alliés. La Première ministre Giorgia Meloni soutient l’idée de garanties de sécurité à l’Ukraine, mais exclut l’envoi de troupes italiennes, contrairement à Paris ou Londres.

Rome propose un mécanisme inspiré de l’article 5 de la charte de l’Otan, permettant un soutien à Kiev en cas d’attaque russe, même en dehors d’une adhésion formelle de l’Ukraine à l’Alliance.
Cette proposition, toutefois, reste floue et peine à convaincre les autres capitales européennes. La dynamique politique intérieure italienne complique la donne. L’opposition de Matteo Salvini, patron de la Ligue, envers la France et ses initiatives pro-Kiev ajoute une tension supplémentaire. Des accusations contre Emmanuel Macron, accusé d’instrumentaliser la guerre pour améliorer sa popularité, ont provoqué une réaction officielle à Paris.

La position ferme de Moscou
De son côté, la Russie a réagi fermement à l’annonce des garanties de sécurité prévues à Paris. Maria Zakharova, porte-parole de la diplomatie russe, a qualifié ces mesures de « garanties de danger pour le continent européen ». Elle a rappelé que Moscou juge « absolument inacceptables » ces conditions posées par Kiev, soulignant par ailleurs son refus de toute « intervention étrangère » en Ukraine, quelle qu’en soit la forme. Cette mise en garde traduit l’inflexibilité persistante de la Russie sur la question de l’ingérence militaire étrangère dans le conflit. Elle s’oppose ainsi à tout dispositif impliquant un déploiement de forces occidentales sur le territoire ukrainien, qu’il soit direct ou indirect.

Sur le terrain, les raids aériens russes se poursuivent quotidiennement, et Volodymyr Zelensky maintient sa position inébranlable sur le Donbas, affirmant qu’il ne cédera pas face aux pressions militaires. Les négociations autour des garanties de sécurité sont donc à un moment crucial, au cœur des tensions entre ambitions occidentales et rigidité russe. Le succès de ces discussions déterminera en grande partie la capacité à instaurer une paix durable et à garantir la stabilité de la région pour les années à venir.

 

 

What Next?

Recent Articles