Depuis environ une semaine, Port-au-Prince et plusieurs autres régions d’Haïti sont plongées dans un black-out total. À l’origine de cette coupure massive : un mouvement de protestation initié par des habitants de Mirebalais, qui ont pris le contrôle de la centrale hydroélectrique de Péligre, cœur du système électrique national, pour dénoncer l’abandon de leur ville aux gangs armés. Cette coupure paralyse aujourd’hui presque tout le pays. Et les conséquences sont lourdes, notamment pour les étudiants, déjà contraints par l’insécurité à suivre leurs cours en ligne, mais désormais privés d’électricité pour étudier, se connecter ou même recharger leurs appareils.
Depuis plusieurs jours, Haïti, et notamment sa capitale Port-au-Prince, s’habille de noir. L’énergie électrique est à l’arrêt. Rebecca, étudiante à l’Université d’État de Haïti, dénonce les conséquences de cette situation sur ses activités universitaires. « Cette coupure de courant m’affecte grandement dans mes études, cela a rendu mon apprentissage très difficile. Si avant je pouvais suivre un cours chez moi, maintenant je suis obligée de me déplacer vers un autre endroit plus au moins alimenté en courant alternatif. »
Cette situation, Rebecca n’est pas la seule à la vivre. C’est la même réalité pour Mickerlson, étudiant en Droit qui ne peut plus avancer dans ses projets d’études. « Nous vivons une situation d’insécurité grandissante qui nous empêche, nous les étudiants, de nous rendre dans les espaces où les cours sont dispensés, ce qui a conduit les responsables à envisager des cours en ligne. Mais malheureusement, nous ne pouvons pas suivre ces cours, nous ne pouvons même pas recharger nos téléphones. Ce black-out nous affecte profondément et vient aggraver la situation déjà difficile que vivent de nombreux étudiants dans le pays.»
En plus des étudiants, cette coupure d’électricité affecte aussi d’autres simples citoyens, à l’image de Colson croisé à Delmas. « En raison de cette coupure de courant, je suis obligé de payer pour recharger mon téléphone. Cette situation nous affecte énormément. Nous demandons à l’État d’agir rapidement afin de rétablir l’électricité. »
Insécurité, coupure de courant, le cauchemar des Haïtiens se poursuit, et les autorités gardent le silence.



