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Le procès des braqueurs de Kim Kardashian s’ouvre à Paris après 9 ans

Début octobre 2016, en pleine « fashion week » parisienne, la reine des influenceuses Kim Kardashian est braquée dans sa chambre d’hôtel par de vieux malfrats arrivés à vélo et déguisés en policiers. Ce procès ultra-médiatique, portant sur le vol de bijoux d’une valeur de neuf millions d’euros, s’ouvre ce 28 avril dans l’historique palais de justice de Paris. Kim Kardashian, aujourd’hui âgée de 44 ans, a annoncé qu’elle viendrait témoigner le 13 mai.
Il est près de 3 h du matin, dans la nuit du 2 au 3 octobre 2016, quand deux hommes encagoulés font irruption, arme au poing, dans la chambre de la star américaine Kim Kardashian, en peignoir et s’apprêtant à aller se coucher. Elle hurle. Eux, avec « un fort accent français », dira-t-elle, lui réclament son « ring ».

Le « ring », c’est la bague de fiançailles que lui avait offerte le rappeur Kanye West, son époux à l’époque (elle entamera une procédure de divorce en 2021, peu avant que celui-ci ne sombre dans une spirale antisémite). Évaluée à quatre millions de dollars (3,5 millions d’euros), Kim Kardashian, alors âgée de 35 ans, l’exhibe volontiers sur les réseaux sociaux, à l’image du reste de sa vie.

Un énorme diamant, une célébrité qui descend toujours au même hôtel discret, mais peu sécurisé, et dévoile en temps réel où elle se trouve : la tentation était trop forte pour les « papys braqueurs », comme la presse les a surnommés. « Ce n’était pas un gros vol à main armée » mais une affaire « facile », dira le principal mis en cause, Aomar Aït Khedache, identifié par son ADN. Il a reconnu avoir ligoté Kim Kardashian, mais conteste ce rôle central que lui prêtent les enquêteurs.

357 millions d’abonnés sur Instagram
« Omar le vieux », dit avoir été approché par un « commanditaire » qu’il ne nomme pas, qui lui aurait proposé ce « coup » monté grâce à un « informateur » très proche de la star, pouvant leur donner le feu vert. En l’occurrence, cette nuit-là, où elle était seule, son garde du corps ayant accompagné sa sœur Kourtney en discothèque.

Le braquage est express — une dizaine de minutes — mais traumatise Kim Kardashian. « C’était la chose la plus effrayante que j’ai jamais vécue », confiait-elle, en 2019, dans l’émission « True Hollywood Story ». Montant du butin : dix millions de dollars (neuf millions d’euros) de bijoux, soit le plus gros vol d’un particulier depuis vingt ans en France.

Seul un collier, perdu dans la rue lors de la fuite des braqueurs, a été retrouvé. L’or aurait été fondu et les enquêteurs, qui ont tout de même saisi des centaines de milliers d’euros chez les suspects, arrêtés trois mois après le braquage, pensent qu’une grande partie du butin a été écoulée en Belgique.

Star de téléréalité grâce au show « L’incroyable famille Kardashian », devenue puissante femme d’affaires et influenceuse avant l’heure, Kim Kardashian était déjà suivie par quelque 84 millions de personnes sur Instagram en 2016. Elles sont aujourd’hui 357 millions. Pas par ses braqueurs, visiblement : au réceptionniste de l’hôtel menacé, ils avaient demandé « la femme du rappeur ». Ils ne se rendront compte de qui elle était qu’après, en voyant l’ampleur médiatique et internationale du délit.
« Truands à l’ancienne »
Le décalage est criant entre les deux mondes qui vont se faire face dans la salle d’audience parisienne où Kim Kardashian a fait savoir qu’elle viendrait témoigner, le 13 mai. La moyenne d’âge de ces « truands à l’ancienne », dixit les enquêteurs (seuls deux ont reconnu leur participation) tournait, à l’époque, autour de 60 ans. Déjà condamnés pour braquages ou trafic de stupéfiants, dont l’un deux avait parlé de « gros coup qui serait le dernier », Aomar Aït Khedache, son comparse Didier Dubreucq et huit autres comparaîtront libres dans un palais de justice qui va être investi par 400 journalistes, dont un quart d’étrangers accrédités.
Malgré « l’emballement médiatique », le procès « doit permettre la sérénité des débats », prévient l’une des avocats de la défense, Margot Pugliese. Les juges devront déterminer qui a fait quoi et surtout comment les malfrats ont pu être si bien informés.

L’enquête désigne Gary Madar, le frère du chauffeur de Kim Kardashian, qui nie catégoriquement.

Neuf ans après les faits, les débats risquent d’être compliqués, avec ces accusés âgés et malades pour certains. L’un est décédé en mars et le cas du doyen, Pierre Bouaianere, 80 ans, sera disjoint, n’étant pas en état d’être jugé. Aomar Aït Khedache (68 ans) n’entend plus et ne peut s’exprimer que par écrit, explique l’une de ses avocates, Chloé Arnoux.

Kim Kardashian, qui avait cru son heure venue, n’a, elle, pas remis les pieds à Paris pendant longtemps et arrêté d’exposer sa vie — en temps réel du moins — sur les réseaux. « Les choses vous arrivent pour une raison, pour vous apprendre quelque chose », avait-elle dit en interview. « J’étais vraiment matérialiste » mais « ces trucs-là ne m’intéressent plus aujourd’hui, je suis une bien meilleure personne », avait répondu la femme d’affaires milliardaire, capable de murmurer à l’oreille des présidents américains.

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