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Le torchon brûle entre Libreville et Bruxelles : 5 questions pour comprendre l’Accord de pêche

Depuis sa signature en 2007, l’accord de pêche durable entre le Gabon et l’Union européenne repose sur deux volets : un accord-cadre renouvelé tous les six ans et des protocoles spécifiques négociés en parallèle. Ces protocoles précisent les volumes de pêche autorisés, les compensations financières ainsi que les modalités d’accès aux eaux territoriales gabonaises.

Pour l’heure, Bruxelles n’a pas encore été notifiée officiellement de la décision de dénonciation, mais les signaux envoyés par Libreville sont clairs. Libreville et Bruxelles font face à leur partenariat halieutique qu’ils doivent congédier ou rediscuter. Le gouvernement gabonais, a dénoncé unilatéralement l’accord de pêche durable conclu en 2007 avec l’Union européenne, renouvelé pour la dernière fois en 2021 et censé courir jusqu’en 2026.

Une coopération ancienne à redéfinir
Pour l’ambassadrice de l’Union européenne au Gabon, Cécile Abadie, cette décision appelle à un retour à la table des discussions. Dans un entretien accordé à Gabonactu.com, la diplomate plaide pour la concertation et relativise les tensions. Elle se dit disposée à examiner les arguments avancés par Libreville, tout en invitant à un cadre d’échange structuré.

« La transformation de l’économie est un objectif compréhensible et légitime », reconnaît Cécile Abadie, qui implique le dialogue pour étudier les conditions d’une éventuelle réorientation du partenariat.
Ce revirement, justifié par une insuffisance de rendement économique et un risque de surexploitation des ressources halieutiques, vient jeter un froid sur une coopération vieille de près de deux décennies. L’Union européenne dit comprendre certaines critiques, notamment celles liées à la volonté gabonaise de mieux valoriser ses ressources localement.

Redonner un nouveau souffle à l’économie Gabonaise
« La transformation de l’économie est un objectif compréhensible et légitime », reconnaît Cécile Abadie, qui implique le dialogue pour étudier les conditions d’une éventuelle réorientation du partenariat. Concernant la question de la surexploitation évoquée par les autorités gabonaises, la diplomate rappelle que les quotas de pêche européens sont fixés sur la base d’avis scientifiques et qu’ils concernent uniquement les stocks excédentaires, hors pêche artisanale locale.

Le gouvernement veut rééquilibrer
Le président de la transition, Brice Clotaire Oligui Nguéma, a fustigé un partenariat « profondément déséquilibré », jugeant les retombées économiques insuffisantes au regard des volumes capturés par les flottes européennes. Selon lui, les recettes générées ne compensent ni les coûts de surveillance supportés par l’État ni le manque à gagner dû à l’absence de transformation sur place.

Sur ce point, l’Union européenne reconnaît les limites actuelles du dispositif. L’ambassadrice évoque le manque d’infrastructures adaptées comme l’un des obstacles majeurs aux débarquements au Gabon. « Il faut des installations de conservation et de transformation performantes pour capter davantage de valeur ajoutée sur place », souligne-t-elle.

Des rapports réguliers et documentés
La question de la surveillance est également abordée. Si le Gabon dispose d’un dispositif de suivi maritime, l’UE rappelle que l’accès des observateurs à bord des navires européens fait partie des engagements de coopération. Bruxelles ne ferme pas la porte à une redéfinition du partenariat. Une étude d’évaluation indépendante, conduite récemment par l’UE, devait être transmise aux autorités gabonaises dans le cadre d’un dialogue élargi. L’ambassadrice espère que cette documentation permettra d’éclairer les prochaines discussions.

Une volonté partagée de relancer les négociations
La ministre gabonaise de la Pêche a déjà eu des échanges avec la délégation européenne sur les perspectives d’un nouveau cycle de coopération. « Nous étions prêts à entrer en négociation », assure Cécile Abadie, tout en admettant que les événements ont précipité le calendrier.

Les deux parties semblent s’accorder sur un point : la nécessité de faire évoluer les termes de l’accord. Si le Gabon souhaite un partenariat plus équitable et davantage tourné vers la transformation locale, l’Union européenne se dit prête à écouter, à ajuster ses propositions, et à travailler en concertation avec les opérateurs privés impliqués

 

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