
Réexamen de l’accord UE-Israël
Le point central de cette révision est l’article 2 de l’accord, qui impose le respect des droits de l’Homme. Kaja Kallas, la cheffe de la diplomatie européenne, a annoncé qu’une forte majorité des États membres soutenait ce réexamen, avec environ deux tiers d’entre eux favorables à l’idée, dont les Pays-Bas, à l’origine de la proposition. En revanche, l’Allemagne et l’Italie, bien qu’hésitantes, pourraient revoir leur position.
L’accord, qui encadre des échanges commerciaux et politiques stratégiques, pourrait subir une suspension partielle, notamment dans le volet commercial, représentant 33 % des exportations israéliennes et 40 % de ses importations. L’Union européenne dispose ainsi d’un levier économique important pour influencer Israël et ses actions à Gaza.
Une Europe plus ferme contre Israël
La pression européenne sur Israël s’est accentuée récemment. Le Royaume-Uni a suspendu les négociations pour un accord de libre-échange avec Israël et a condamné l’offensive israélienne à Gaza dans une lettre commune avec la France et le Canada. De son côté, la Suède réclame désormais des sanctions ciblées contre les membres du gouvernement israélien. Les tensions internes à l’UE sont visibles, notamment avec la Hongrie, qui a opposé son veto aux sanctions contre les colons israéliens violents.
Syrie : La levée des sanctions et un virage stratégique
En parallèle, l’Union européenne a décidé de lever toutes ses sanctions économiques contre la Syrie, dans un contexte de réchauffement des relations avec Damas. Cette décision s’inscrit dans un mouvement initié par les États-Unis quelques jours plus tôt, visant à stimuler la reconstruction du pays et à renforcer son ancrage dans le camp des démocraties, tout en réduisant l’influence de la Russie et de l’Iran. L’UE promet de contribuer à hauteur de 2,5 milliards d’euros pour la reconstruction syrienne.
Cette levée des sanctions pourrait libérer près de 2 milliards de dollars d’avoirs syriens dans les banques européennes, permettant d’acheter des produits essentiels pour la population, mais elle reste fragile face aux sanctions américaines toujours en vigueur. Certaines banques européennes pourraient hésiter à transférer des fonds, redoutant des représailles américaines.
À Damas, l’espoir renaît
La levée des sanctions est perçue comme un tournant à Damas, mais l’impact reste limité pour le moment. Si certains commerçants espèrent une arrivée accrue de produits et une baisse des prix, la réalité économique reste difficile. L’inflation est élevée, les salaires sont bas et les paiements se font uniquement en liquide. Le jeune Mohamed, livreur, souligne que la priorité des Syriens reste une stabilité économique réelle, permettant une vie décente. La sécurité, en particulier dans les zones commercialement stratégiques, reste un élément clé pour relancer véritablement l’économie syrienne.


