
Cette édition, organisée sous présidence canadienne, revêt une dimension particulière. C’est, en effet, la première depuis le retour à la Maison-Blanche de Donald Trump, dont les positions en matière commerciale continuent de provoquer des remous, notamment au sein des pays alliés. Pour Ishiba, ce sommet représente un moment de discussions multilatérales, il envisage une rencontre bilatérale avec le président américain afin d’aborder les récentes décisions tarifaires de Washington contre Tokyo.
Le sommet pour rediscuter tarif et enjeux bilatéraux
La politique commerciale américaine, recentrée sur les intérêts nationaux, inquiète les partenaires du G7. Le Japon, dont l’économie repose en grande partie sur les exportations, se trouve en première ligne. La hausse des droits de douane américains sur l’acier, l’aluminium, les véhicules et les pièces automobiles a relancé les craintes d’un ralentissement pour les industries japonaises.
Face à cette situation, le gouvernement d’Ishiba a multiplié les échanges à l’échelle ministérielle avec les représentants américains pour tenter de rééquilibrer la relation. Mais jusqu’ici, ces discussions n’ont débouché sur aucun résultat concret. Dans ce contexte, une rencontre en tête-à-tête entre Ishiba et Trump, en marge du sommet, pourrait permettre de clarifier les intentions américaines.
Un signe d’apaisement a toutefois été perçu récemment, lorsque l’administration Trump a validé le rachat de la société United States Steel Corp. par le groupe nippon « Nippon Steel Corp ». Une décision inattendue, qui pourrait ouvrir la voie à une forme de compromis, même si les autorités américaines conserveront un droit de regard sur les décisions stratégiques de l’entreprise via une « action dorée ».
Alors que le Japon s’apprête à organiser des élections pour renouveler la Chambre des conseillers le 20 juillet prochain, Ishiba veut éviter toute tension prolongée avec les États-Unis, tout en affirmant que les intérêts nationaux ne seront pas mis de côté pour obtenir un accord rapide.
Une scène internationale à la recherche d’un nouveau cap
Au-delà des questions bilatérales, la réunion du G7 intervient dans un contexte diplomatique sensible. Quelques jours avant le sommet, Israël a mené une offensive contre l’Iran, aggravant les tensions dans la région du Moyen-Orient. La guerre en Ukraine reste également au cœur des préoccupations des pays membres, tout comme les enjeux liés à la croissance économique mondiale, aux chaînes d’approvisionnement et aux nouvelles technologies, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle.
Dans ce climat chargé, les organisateurs canadiens ont laissé entendre qu’aucun communiqué final commun ne serait publié. À la place, des déclarations spécifiques pourraient voir le jour sur certains sujets, signe que les dissensions au sein du groupe ne sont pas à écarter.
Pour le Japon, cette réunion constitue aussi une opportunité de mettre en avant sa lecture des dynamiques en Asie-Pacifique. Face à l’influence croissante de la Chine dans la région, Ishiba entend rappeler l’importance de maintenir un équilibre stratégique. Sa participation à ce sommet, qui marque par ailleurs les 50 ans de la création du G7, vise aussi à renforcer la voix de Tokyo sur la scène internationale.
Ouverture vers d’autres partenaires
En marge des discussions du G7, Shigeru Ishiba prévoit également des échanges bilatéraux avec plusieurs dirigeants invités, bien qu’ils ne soient pas membres du groupe. Le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy, attendu à une partie des échanges, ainsi que le nouveau président sud-coréen Lee Jae Myung, pourraient notamment s’entretenir avec le Premier ministre japonais. Des rencontres permettront d’élargir les partenariats dans un monde en recomposition.
Le Groupe des Sept, qui réunit le Canada, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie, le Japon, ainsi que l’Union européenne, cherche ainsi à se positionner face aux bouleversements de l’ordre international. La voix du Japon, seul représentant asiatique au sein de cette enceinte, entend peser dans les discussions, entre prudence diplomatique et préoccupations économiques.


