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« Son second mandat est un mandat pour rien, Macron doit être destitué » (Mathilde Panot)

« Nous allons agrandir la brèche jusqu’à ce que s’écrouler votre monde faux. Nous le ferons lutte après lutte » dixit la présidente du groupe parlementaire « La France Insoumise ». À l’Assemblée, Mathilde Panot demande la destitution d’Emmanuel Macron. Face au nouveau Premier ministre, l’élue de « La France Insoumise » a dressé un réquisitoire sans concession contre le pouvoir en place, qualifiant Emmanuel Macron de « cas désespéré » et dénonçant une politique qui « a tant fait souffrir notre pays ».

A l’hémicycle du Palais de Bourbon, la députée du Val-de-Marne a fustigé la nomination du nouveau chef du gouvernement, Sébastien Lecornu, qu’elle présente comme le symptôme de l’« entêtement » présidentiel. « Vous voilà consacré Premier ministre, le troisième locataire de Matignon en moins d’un an », a-t-elle lancé, en dépeignant un macronisme « face à lui-même » et rythmé par « les défections de votre clan ».

La chronique d’un « séisme politique »

Mathilde Panot est remontée aux origines de ce qu’elle qualifie de « séisme politique ». « Comme il n’y a pas de rupture volcanique sans fissure dans la couche terrestre, il n’y a pas de séisme politique sans fracture avec le peuple », a-t-elle analysé. La députée a récité le parcours d’Emmanuel Macron depuis 2022 : « Il proclame « je vote mobilisation » avant de violer la nation avec une réforme des retraites empoisonnée. En 2024, Emmanuel Macron perd les élections européennes. Il réplique par la grenade dégoupillée de la dissolution. Retour à l’envoyeur : Emmanuel Macron perd à nouveau. » Malgré les contestations et le mouvement social, la présidente du groupe LFI constate que le chef de l’État « nie délibérément le verdict des urnes ».

Les insoumis proposent une voie de sortie. Votre censure d’abord. Le vote d’une loi spéciale ensuite, permettant de reconduire momentanément les budgets pour l’année à venir.

« Trois premiers ministres plus tard, vous voilà tentant de sauver ce qui peut l’être, sans même les apparences », a-t-elle asséné au nouveau locataire de Matignon. Le discours de Mathilde Panot a dressé un tableau sombre de la France sous le macronisme. « Le peuple ne veut plus de votre politique », a-t-elle affirmé, citant les « trois quarts des Français [qui] souhaitent le départ du président ». La députée a égrené les griefs : « Plus de 11 millions de pauvres dans notre pays », « l’école et l’hôpital public dégradés », « notre industrie malmenée », « notre souveraineté érodée ».

La présidente du Groupe Insoumis n’a pas épargné le nouveau Premier ministre, le qualifiant de « seul homme du pays à avoir participé à tous les gouvernements d’Emmanuel Macron sans exception depuis 2017 ». Elle l’a accusé d’incarner une « haine de classe » et l’a tenu pour responsable de plusieurs crises, notamment en Guadeloupe, en Nouvelle-Calédonie où son « passage en force » aurait « causé 15 morts », et durant le mouvement des Gilets jaunes.

Une sortie de crise proposée par les Insoumis

Face à cette crise politique, Mathilde Panot a proposé une issue : « Les insoumis proposent une voie de sortie. Votre censure d’abord. Le vote d’une loi spéciale ensuite, permettant de reconduire momentanément les budgets pour l’année à venir. » Mais la solution ultime, selon l’élue, réside dans le départ du président. « Puisque le compte à rebours du départ d’Emmanuel Macron est lancé, il faudra en passer par la démission ou la destitution du président. Si la première relève de sa volonté, la seconde est la seule brèche dans nos institutions. »

La députée a conclu sur une note militante, reprenant les paroles de Leonard Cohen : « Dans toute chose, il y a une brèche, et c’est par là que rentre la lumière. Monsieur le Premier ministre, nous allons agrandir la brèche jusqu’à ce que s’écroule le Vieux Monde que vous incarnez. » Un discours qui confirme la stratégie de l’opposition de gauche, déterminée à « agrandir la brèche jour après jour, lutte après lutte », en attendant « la promesse d’un matin » qui passera nécessairement, selon elle, par le départ d’Emmanuel Macron.

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