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Surtaxe et avertissements : Avec quel pouvoir Tebboune peut-il tenir Donald Trump ?

Le pays le plus vaste de l’Afrique tient l’Administration Trump 2.0 par les cornes malgré moults remous sur les taxes douanières. L’Algérie, bien que dotée d’une économie modeste à l’échelle mondiale, entretient avec les États-Unis des relations commerciales en progression. En 2024, les échanges bilatéraux ont atteint 3,5 milliards de dollars, dont 2,5 milliards d’exportations algériennes.

Principalement des hydrocarbures, du fer forgé et des engrais azotés, sont les produits de transaction entre Alger et Washington. Les importations américaines, quant à elles, se concentrent sur le soja, le blé, les polymères et divers équipements techniques. Les États-Unis figurent parmi les partenaires de privilège de l’Algérie, notamment pour les exportations hors hydrocarbures, se classant au cinquième rang des clients africains du pays.

Washington hausse le ton
Malgré cette dynamique, la balance commerciale reste largement excédentaire en faveur d’Alger, situation qui commence à susciter l’agacement de Washington. La structure de l’économie algérienne, axée sur l’exportation brute de matières premières, pèse sur la diversification des échanges. L’Algérie tente de s’ouvrir à d’autres secteurs, mais la dépendance aux hydrocarbures continue de façonner ses relations extérieures, y compris avec les États-Unis.

Mercredi 9 juillet 2025, la Maison-Blanche a adressé une lettre officielle à Alger. Donald Trump, de retour à la présidence, annonce l’instauration d’un droit de douane de 30% sur tous les produits algériens exportés vers les États-Unis, à compter du 1er août. Cette décision, motivée par le déficit commercial jugé excessif, s’accompagne d’une menace de représailles en cas de riposte algérienne.
Dans son courrier, le président américain reproche à l’Algérie ses barrières tarifaires et réglementaires, accusant Alger de freiner l’accès des produits américains à son marché. Il invoque la loi américaine sur la sécurité économique pour justifier la mesure, estimant que le déséquilibre commercial constitue un risque pour l’économie et la sécurité nationale des États-Unis.

La Maison Blanche droit dans ses bottes
Donald Trump ne mâche pas ses mots, et place l’Algérie dans la catégorie des partenaires jugés peu coopératifs. Il propose cependant une porte de sortie : les entreprises algériennes qui choisiraient de produire directement sur le sol américain seraient exemptées de cette surtaxe. L’offre, directe, s’inscrit dans la logique du « America First » et vise à attirer des investissements étrangers tout en réduisant les importations.

Cette décision intervient dans un contexte de tensions récurrentes entre les deux capitales, sur fond de divergences commerciales et diplomatiques. Depuis le début de son second mandat, Donald Trump multiplie les avertissements à l’encontre d’Alger, dénonçant le manque d’ouverture du marché algérien et l’absence de réformes structurelles.

Les limites d’une stratégie économique tournée vers l’exportation
La réaction américaine montre les faiblesses du modèle algérien. Malgré des ambitions affichées de diversification, l’économie nationale reste centrée sur l’exportation de pétrole et de gaz, avec peu de valeur ajoutée locale. Les tentatives d’industrialisation et d’intégration aux chaînes de valeur mondiales peinent à se concrétiser, freinées par un environnement jugé peu attractif pour les investisseurs étrangers.

La participation de 35 entreprises algériennes au SelectUSA Investment Summit 2025 témoigne d’une volonté d’ouverture, mais les résultats tardent à se faire sentir. Les échanges restent déséquilibrés, et la dépendance aux hydrocarbures expose le pays aux fluctuations des marchés internationaux et aux mesures protectionnistes de ses partenaires.
La surtaxe américaine risque d’affecter plusieurs secteurs déjà fragilisés, en particulier les produits semi-transformés et certains biens de consommation. Elle accentue également l’isolement de l’Algérie sur la scène économique, à l’heure où le Maroc, voisin et rival régional, renforce ses liens avec les États-Unis à travers des accords de libre-échange et une diplomatie économique active.

Rebâtir un nouveau modèle pour la sauvegarde
L’absence de réformes et le maintien d’un environnement commercial défensif ont un coût. L’Algérie, partenaire énergétique de longue date, se retrouve confrontée à la nécessité de repenser sa stratégie extérieure, sous peine de voir ses exportations pénalisées et son attractivité diminuer. La coopération entre les deux pays ne se limite pas à l’économie.

Les États-Unis et l’Algérie collaborent également dans la lutte contre le terrorisme et sur des dossiers sécuritaires régionaux. Mais la question commerciale s’impose désormais comme un test pour la relation bilatérale, avec des enjeux de taille pour Alger.
Le gouvernement algérien est appelé à accélérer la diversification de son économie et à assouplir son cadre réglementaire. Il s’agit non seulement de préserver l’accès au marché américain, mais aussi d’éviter un isolement croissant dans un contexte international marqué par la recomposition des alliances et la montée des tensions géoéconomiques.

 

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