04302026Headline:

Syrie : Comment l’Etat Hébreu mène-t-il son nouveau jeu soutenu par les USA

Israël et sa stratégie de la division. L’Etat Hébreu veut protéger les minorités pour mieux contrôler. Depuis la chute du régime Assad, Israël voit dans les fractures confessionnelles syriennes une opportunité de remodeler la région à son avantage. En février 2025, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé vouloir « protéger les Druzes » du sud de la Syrie contre Damas, exigeant la démilitarisation des provinces de Qouneitra, Deraa et Soueida. Une manœuvre perçue comme une tentative de créer des zones tampons sous influence israélienne.

« Nous ne tolérerons aucune menace contre les Druzes. Leur sécurité est notre priorité », a déclaré Benyamin Netanyahu, tandis que son ministre de la Défense, Israel Katz, promettait d’autoriser les Druzes syriens à travailler sur le plateau du Golan occupé. Parallèlement, Israël affiche son soutien aux Kurdes syriens, présentés comme une « force stabilisatrice » par le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar.

États-Unis complices ? Le soutien ambigu de Washington
Les actions israéliennes bénéficient d’un silence complice des États-Unis. Sous les administrations Biden puis Trump, Washington a légitimé les interventions militaires israéliennes en Syrie et au Liban, malgré les risques d’escalade. Un diplomate européen résume : « Les Américains sous-traitent l’ordre régional à Israël, au prix d’une instabilité chronique. »

En novembre 2024, un accord de « cessez-le-feu » au Liban, négocié avec l’aval des USA, a élargi la marge de manœuvre d’Israël pour frapper « sans contraintes ». Une stratégie qui rappelle les accords coloniaux du XXᵉ siècle, selon des experts : « C’est du Sykes-Picot 2.0 : fragmenter pour régner », analyse un chercheur français.
Israël s’inspire ouvertement des tactiques coloniales britanniques et françaises, qui divisèrent jadis le Moyen-Orient en entités confessionnelles pour affaiblir les nationalismes. En Syrie, la fragmentation ethno-religieuse servirait deux objectifs en affaiblissant les voisins arabes, rendant impossible toute contestation de l’annexion du Golan et en facilitant le nettoyage ethnique des Palestiniens vers des pays voisins en crise. « Une Syrie divisée est une Syrie faible. C’est parfait pour Israël », explique un ancien diplomate israélien.

Risques régionaux : Turquie et Iran en embuscade
La « Pax Israelica » rêvée par Tel-Aviv pourrait déclencher un contre-choc régional. La Turquie et l’Iran, rivaux d’Israël, pourraient exploiter les divisions pour imposer leur propre agenda, transformant les minorités en pions sacrifiables. « Si Israël joue aux apprentis sorciers, l’Iran armera les Alaouites, la Turquie soutiendra les Sunnites… Ce sera le chaos », prévient un analyste libanais. « Ces gestes montrent que la partition n’est pas une fatalité », se réjouit un responsable kurde. Mais pour consolider la paix, Damas doit bâtir un ordre inclusif, loin des discriminations passées.

 

 

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