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Syrie : Damas intègre les institutions kurdes pour une réunification en gouttelette d’eau

Le gouvernement syrien et les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont signé un pacte visant à unifier le pays après des années de division. Ce premier geste porteur du nouveau régime, consolidera la relation entre les autorités de Damas et l’administration autonome kurde du nord-est du pays.

Porté par le président par intérim Ahmad el-Chareh et le chef des FDS, Mazloum Abdi, ce texte, qualifié d’« historique » par les signataires, promet de redessiner l’avenir d’une Syrie meurtrie par treize ans de conflit. Ce premier pas a été salué par des manifestations de joie dans plusieurs villes syriennes selon les médias officiels.

Des rapprochements pour la paix dans le pays
Le communiqué conjoint publié par la présidence syrienne détaille les termes du pacte : les postes-frontières, l’aéroport, les champs pétroliers et gaziers, ainsi que toutes les structures éducatives, sanitaires et sécuritaires kurdes seront progressivement intégrés à l’administration centrale d’ici fin 2024.

« La communauté kurde est une composante essentielle de l’État syrien », affirme le texte, garantissant ses « droits constitutionnels » et rejetant « les appels à la division ». En échange, les FDS, bras armé de l’administration autonome, s’engagent à soutenir Damas contre « les résidus du régime Assad » et les menaces à l’unité nationale. « Nous sommes déterminés à construire un avenir meilleur qui garantisse les droits de tous les Syriens », a déclaré Mazloum Abdi sur X.
L’accord était vital pour Damas, qui cherche à reprendre le contrôle des régions riches en pétrole, gaz et blé – des ressources de base pour la reconstruction du pays. L’administration kurde, soutenue par les États-Unis depuis 2015, dirige en effet près d’un tiers du territoire syrien, dont les champs pétroliers d’Al-Omar et de Rmeilan. « Sans ces revenus, la Syrie ne peut se relever. Cet accord est autant politique qu’économique », soutient Fabrice Balanche, chercheur spécialiste de la Syrie.

La réaction de la Turquie, alliée de Damas mais ennemie jurée des milices kurdes, pourrait compliquer la donne. Ankara accuse depuis des années les Unités de protection du peuple (YPG), épine dorsale des FDS, d’être affiliées au PKK – classé « terroriste » par Ankara et l’UE. Or, l’accord survient deux semaines après un appel inédit d’Abdullah Öcalan, leader emprisonné du PKK, à dissoudre le parti et à abandonner la lutte armée. Un geste perçu comme un gage de paix par les Kurdes syriens, mais accueilli avec scepticisme par la Turquie.

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