Le président des États-Unis a menacé de bombarder les centrales électriques et les ponts iraniens à partir de mardi si le régime n’ouvre pas le détroit d’Ormuz. Donald Trump, a adressé à la République islamique d’Iran un ultimatum pour ouvrir le passage stratégique sous 48 heures, ou subir des frappes aériennes ciblant les centrales électriques et les ponts du pays.
« Mardi sera la Journée des Centrales Électriques et la Journée des Ponts, tout cela réuni, en Iran. Il n’y aura rien de comparable !! Ouvrez ce putain de détroit, bande de fous, ou vous vivrez en enfer », a-t-il écrit sur son réseau Truth Social. Ce message, publié dimanche matin, prolonge un ultimatum initial de dix jours lancé par l’exécutif américain. Ce délai devait expirer lundi. À l’origine, la menace portait sur les infrastructures énergétiques, hydrauliques et pétrolières iraniennes en l’absence d’un accord garantissant la libre circulation des pétroliers dans le détroit d’Ormuz, par où transite un tiers du trafic maritime mondial de brut. Du côté de Téhéran, la réaction ne s’est pas fait attendre. Les autorités iraniennes ont dénoncé des « projets de crimes de guerre » et averti qu’elles riposteraient par des attaques symétriques contre les infrastructures d’Israël et de certains États du Golfe. Une escalade verbale qui, sur le terrain, se double d’une intense activité diplomatique restée pour l’heure infructueuse.
Des négociations indirectes qui ne décollent point
Depuis dix jours, Américains et Iraniens échangent par médiateurs interposés. Le Pakistan, l’Égypte et la Turquie jouent les intermédiaires pour tenter de décrocher un cessez-le-feu en échange de la réouverture du détroit. Selon plusieurs sources proches des discussions, les pourparlers indirects associent le vice-président J.D. Vance et le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, sous la médiation du chef militaire pakistanais, le maréchal Asim Munir. L’envoyé spécial de la Maison-Blanche, Steve Witkoff, ainsi que les chefs de la diplomatie iranienne, pakistanaise, turque et égyptienne participent également à ces échanges. Malgré cette mobilisation, aucun progrès significatif n’a été enregistré. Les médiateurs s’efforcent d’organiser une rencontre directe entre les parties, jusqu’ici sans succès. Une source impliquée dans le processus indique que l’Iran a rejeté toute proposition de cessez-le-feu temporaire, exigeant une fin définitive de la guerre assortie de garanties claires que les États-Unis ne mèneront plus d’attaques.
Les médiateurs exploreraient désormais des mesures de confiance graduelles, mais l’optimisme reste mesuré à moins de vingt-quatre heures de l’expiration de l’ultimatum.
Le sénateur républicain Lindsey Graham, proche conseiller du président, a confié sur X avoir échangé avec Donald Trump au sujet de cet ultimatum. « Après avoir parlé avec le président Trump, je suis totalement convaincu qu’il utilisera une force militaire écrasante contre le régime s’il continue d’entraver le détroit d’Ormuz et refuse une solution diplomatique », a écrit Graham. Et d’ajouter : « Si l’Iran et d’autres ne sont pas encore convaincus que le président Trump pense ce qu’il dit, alors je ne sais pas quand cela arrivera. » Ce langage sans filtre, ponctué d’invectives et d’une référence provocatrice à « Allah », tranne avec la grammaire habituelle des crises internationales. Il nourrit toutefois une inquiétude partagée par plusieurs capitales : une frappe américaine contre les infrastructures civiles iraniennes serait perçue comme une violation du droit de la guerre, tandis qu’une riposte iranienne contre Israël ou les monarchies du Golfe embraserait une région déjà fragilisée. Le temps joue désormais contre la diplomatie. Les médiateurs cherchent encore une issue de dernier recours, mais l’échéance de lundi se rapproche. L’ultimatum trumpiste est-il une posture de négociation maximale ou l’avant-dernière étape avant le recours à la force.



