
Le rapport rassemble de nombreuses vidéos recueillies à partir de chaînes Telegram anonymes. Ces dernières seraient gérées par d’anciens ou actuels mercenaires de Wagner, selon des spécialistes en analyse de données open source cités par l’agence. Parmi ces images, certaines montrent des exactions particulièrement choquantes, allant jusqu’à des scènes de cannibalisme.
Les réseaux sociaux, un nouvel espace de violence
Un exemple imminent provient du Burkina Faso, où l’on voit des hommes en tenue militaire commettre des violences contre des civils. Ces vidéos, diffusées publiquement sur Telegram, témoignent d’un usage délibéré des réseaux sociaux pour exposer ces actes, ce qui ajoute une dimension supplémentaire à la gravité des faits.
Les experts de Berkeley soulignent que ces vidéos ne sont pas seulement des preuves de crimes de guerre, mais qu’elles constituent aussi une forme d’arme numérique. En partageant ces contenus, les mercenaires utilisent les plateformes en ligne pour intimider, terroriser et étendre l’impact de leurs actions au-delà du terrain.
Cette stratégie, selon le rapport, justifie une enquête approfondie de la CPI. Les crimes commis via Internet, liés aux violences physiques, élargissent le cercle des victimes et compliquent la lutte contre ces exactions. Le document appelle donc le procureur à prendre en compte cette nouvelle réalité dans ses investigations.
Une pratique partagée par d’autres acteurs
Il est important de noter que Wagner n’est pas le seul à recourir à ce type de diffusion. D’autres groupes, parfois éloignés des milieux des sociétés militaires privées, partagent également des contenus dégradants sur différentes plateformes, notamment sur le réseau X (anciennement Twitter).
Cette tendance reflète un phénomène plus large où les réseaux sociaux deviennent des terrains d’affrontement, où la violence est exhibée et amplifiée. La circulation de ces images pose un défi majeur aux institutions internationales chargées de faire respecter le droit humanitaire et de protéger les populations civiles.
Le rapport sur les mercenaires de Wagner officie un usage inédit des réseaux sociaux dans le cadre de conflits armés au Sahel. La diffusion de vidéos d’exactions sur Telegram illustre comment la violence physique s’accompagne désormais d’une violence numérique, avec des conséquences lourdes pour les victimes et la justice internationale. Le rendez-vous est pris avec la Cour pénale internationale, qui devra décider de la suite à donner à ces accusations.


