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Côte d’Ivoire : Les avocats de l’État eux se réjouissent de ses condamnations selon Maitre Ben Méité Abdoulaye

Le procès de Guillaume Soro et 19 de ses proches poursuivis pour des faits de complot contre l’autorité de l’État a rendu son verdict cet après-midi. L’ancien Président de l’Assemblée nationale ivoirienne a été condamné à la prison à vie (perpétuité, ndlr) et d’autres accusés à 20 ans d’emprisonnement.

Comme, il fallait s’y attendre, la défense décide de faire appel de cette décision estimant que le droit n’a pas été dit et l’on a plutôt assisté à un procès politique.

Les avocats de l’Etat eux se réjouissent de ces condamnations puisque, selon Maitre Ben Méité Abdoulaye, les faits de complot contre l’autorité de l’Etat ont été clairement établis lors du procès.

Ci-joint, les réactions de Maitre Ben Méité Abdoulaye pour l’Etat de Côte d’Ivoire et de Maitre Gohi Bi pour le compte de la Défense.

Maître Ben Méité Abdoulaye,

« Pour l’Etat de Côte d’Ivoire, c’est une satisfaction. Un procès s’est tenu, tout le monde a eu droit à la parole. Les pièces ont été discutées, les preuves discutées, les avocats de la Défense ont plaidé, nous fait valoir notre demande et en fin de compte, le tribunal s’est prononcé. Force reste à la loi, c’est la justice qui a triomphé. Les faits ne sont pas des faits imaginaires. Ce sont des faits réels qui ont été portés à la connaissance du Tribunal et le Tribunal a statué conformément à la loi.

Condamnation de Soro Guillaume à vie, quel est votre avis ?

Je n’ai pas d’avis, c’est l’avis de la loi. Parce qu’il ne faut s’émouvoir. Il y a la condamnation certes, mais il ne faut pas oublier les faits qui sont poursuivis. Il s’agit des faits de complot, des faits de tentative de renversement de l’Etat. Je pense que de tels faits sont très graves comparativement à la condamnation qui a été prononcé à son encontre. Je ne suis pas émus ».

Maître Gohi Bi,

Me Gohi Bi (avocat de Soro) : « Le tribunal a reporté le procès pour aller  chercher

«Dans les heures qui suivent nous allons interjeter appel parce qu’il faut effacer une telle décision dans l’ordonnancement juridique ivoirien. Je vous dis que ce n’est pas une surprise pour la défense. Parce qu’il s’agit d’une justice qui est aux ordres. Quand nous avons le Président de la République lui-même chef de l’exécutif qui a déjà préjugé de la sanction de Soro Guillaume, c’est cette peine qu’il prend. Voilà quelqu’un qui n’a point été inculpé et qui est jugé et condamné par contumace. Ce sont ces grossièretés, ces vilenie judiciaires qui nous amènent à faire appel. Et si nous faisons appel, c’est parce que nous disons que encore, il faut soumettre cette décision à la censure du juge.

En appel, ce sont des juges beaucoup plus sages, se sont des juges qui sont d’une autre dimension, donc évidemment, il faut qu’ils nous aident à rétablir le droit.

Parce que ce procès n’est que politique on a voulu le cacher, mais la monstruosité juridique qui est celle de pouvoir dissoudre une association qui est une personnalité juridique autonome, de ses acteurs. C’est une association au sens de la loi de 1960, c’est un mouvement, c’est impensable, il est inimaginable et invraisemblable qu’un Tribunal puisse dissoudre un tel mouvement politique fut il proche de Soro Guillaume. Alors qu’il y a des règles pour poursuivre les personnes morales. Aucune action juridique n’a été mise en mouvement contre cette personne morale, c’est une monstruosité.

Franchement je dis que nous sommes en danger, mais comme nous avons encore des voies de recours, nous allons demander au juge d’appel de censurer cette décision pour qu’on se réconcilie tous avec le droit. Service a été rendu, le rôle de la justice n’est plus de rendre service, qu’on se contente de ce que le Tribunal a dit et que plus haut, avec une juridiction supérieure, nous nous réconcilions avec le droit.

Il n’y a rien à revoir, il faut simplement l’acquitter, parce que dans ce procès toutes les personnes qui ont été entendues aucune d’elle n’a dit d’avoir été en intelligence avoir participé à une association ou une réunion avec Soro Guillaume or, il s’agit de ces faits quand on parle d’association, quand on parle de complot. Aujourd’hui franchement, je veux dire que c’est gravissime et ça n’honore pas notre pays. Aujourd’hui nous sommes dans une situation on se demande que sera demain.

“J’interpelle les juges, c’est être jugé. Ceux qui jugent aujourd’hui seront jugés par l’histoire comme ils ont jugé. Comme l’histoire de la Côte d’Ivoire est proche, le jugement de ces messieurs est proche” »

Enfin la condamnation de Guillaume Soro, en exil en France ou en Belgique depuis plus de deux ans et flanqué d’un mandat d’arrêt international hier annoncé, s’affiche comme un gage de paix pour le pouvoir au moins jusqu’en 2025.

Koaci

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