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128 milliards de dollars d’exportations en 2024: Comment l’Arabie Souadite se fortifie sans le pétrole


L’Arabie Saoudite peut vivre en partie sans trop s’adosser au pétrole. La preuve. En 2024, les exportations non pétrolières de l’Arabie saoudite ont atteint la somme de 515 milliards de riyals (environ 128 milliards de dollars). Une performance record qui présente les progrès du Royaume dans sa volonté de diversifier son économie, trop dépendante du pétrole depuis des décennies. Ce résultat est le fruit d’une stratégie volontariste lancée avec la « Vision 2030 », qui vise à transformer le pays en une puissance industrielle et exportatrice compétitive.

En 2024, l’Arabie saoudite a enregistré une croissance forte de ses exportations manufacturières hors hydrocarbures. Cette obligation qualitative est due au programme « Fabriqué en Arabie Saoudite » qui a contribué à l’expansion mondiale des produits nationaux du pays. La tendance s’est confirmée au premier semestre 2025, avec des exportations hors hydrocarbures atteignant 307 milliards de riyals, soit la valeur semestrielle la plus élevée de l’histoire du pays. Pour les autorités saoudiennes, ces chiffres démontrent que le secteur industriel national est désormais un « pilier clé » de la diversification économique.

Une politique axée sur les exportateurs
Pour atteindre ces objectifs, l’État a mis en place des instruments de soutien puissant. Le programme « Made in Saudi » est le fer de lance. La Banque saoudienne d’exportation et d’importation a joué un rôle central. Depuis sa création en 2020 jusqu’à la fin septembre 2025, elle a accordé des facilités de crédit dépassant 100 milliards de riyals aux entreprises exportatrices. Une partie importante de ces fonds, plus de 5 milliards de riyals, a été spécifiquement attribuée aux « maisons de commerce internationales ». Ces sociétés spécialisées dans le commerce extérieur sont actives sur plus de 150 marchés dans le monde. Leur mission est de stimuler le flux des produits saoudiens à l’échelle globale, en trouvant des débouchés et en gérant la logistique d’exportation. Au cœur de cette stratégie se trouve le programme « Made in Saudi Arabia » (« Fabriqué en Arabie Saoudite »). Lancé en 2021 sous le patronage du prince héritier Mohammed ben Salmane, ce label vise à promouvoir la qualité et la fiabilité des produits nationaux. L’objectif est de bâtir une réputation d’excellence qui inspire confiance aux consommateurs du monde entier.

En 2025, elle a déjà signé 108 accords d’exportation et enregistré 433 nouveaux importateurs sur sa plateforme numérique « Importation d’Arabie Saoudite ».
Le programme connaît un succès croissant. Aujourd’hui, environ 19 000 produits nationaux arborent le logo « Made in Saudi Arabia ». Quelque 3 700 entreprises locales sont enregistrées dans le dispositif, et leurs produits sont exportés vers 180 pays. Ce label sert de tremplin pour les entreprises, en les aidant à accéder plus facilement aux marchés internationaux et en valorisant l’innovation et les talents saoudiens. L’Autorité saoudienne pour le développement des exportations est l’autre acteur majeur de cette offensive commerciale. Son travail consiste à faciliter l’accès des produits saoudiens aux marchés étrangers. En 2025, elle a déjà signé 108 accords d’exportation et enregistré 433 nouveaux importateurs sur sa plateforme numérique « Importation d’Arabie Saoudite ». Elle a également accordé des licences à neuf nouvelles maisons d’exportation, qui ont commencé à opérer dans 21 pays, générant des ventes à l’exportation d’une valeur de 390 millions de riyals. Pour former et accompagner les exportateurs, l’Autorité organise des programmes de formation et des consultations. En 2024, 1 382 entreprises ont participé à ces sessions, dépassant l’objectif initial de 1 300.

La Chine, principal partenaire commercial
L’analyse des flux commerciaux montre que les marchés asiatiques restent les principaux partenaires de l’Arabie saoudite. La Chine occupe la première place, tant pour les importations que pour les exportations. En mai 2025, les exportations saoudiennes vers la Chine se sont élevées à 12,7 milliards de riyals, soit 14% du total. Les importations en provenance de Chine ont, quant à elles, atteignent 23,4 milliards de riyals, soit près de 29% des achats totaux du royaume. Les autres partenaires majeurs sont la Corée du Sud et les Émirats arabes unis. Cette orientation reflète l’importance stratégique de l’Asie dans la politique économique saoudienne. Le secteur des « machines, appareils et équipements électriques » est le plus dynamique.

Il représente 23,7% des exportations non pétrolières et constitue également la première catégorie de produits importés, illustrant l’intégration de l’industrie saoudienne dans les chaînes de valeur mondiales.
Un autre indicateur intéressant est la croissance des « réexportations ». Il s’agit de produits importés en Arabie saoudite puis réexportés vers d’autres pays, souvent après une certaine transformation ou un reconditionnement. En 2024, ces réexportations ont atteint 61 milliards de riyals, avec une croissance de 23% par rapport à l’année précédente. Cette performance est attribuée à la solidité des infrastructures logistiques saoudiennes, comme les ports et les zones franches, et à l’intégration efficace entre les différentes agences gouvernementales. Elle positionne le royaume comme une plaque tournante du commerce régional. Les efforts se poursuivent pour consolider ces acquis. L’Autorité des exportations prévoit d’organiser 35 expositions internationales et missions commerciales en 2025, et 42 en 2026, pour continuer à promouvoir les produits « Made in Saudi Arabia » à travers le monde. La diversification économique, pilier de la Vision 2030, semble donc bien engagée, portée par une industrie nationale de plus en plus compétitive et tournée vers l’export.

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