Cuba s’engouffre chaque jour un peu plus dans une crise économique profonde. Alors qu’aucune goutte de pétrole n’entre dans le pays depuis près de trois mois, conséquence du blocus américain, la population évolue au rythme des apagones, des coupures de courant de plusieurs heures, ce qui bouleverse tous les aspects de la vie quotidienne.
Depuis sa petite cuisine sombre, dans la municipalité de Marianao, Daniela, mère de deux filles, compose avec le changement de rythme scolaire. « À cause de ces coupures de courant, les cours sont suspendus pendant plusieurs jours, parce qu’il n’y a que deux ou trois élèves dans la classe. La majorité des enfants ne viennent pas parce que les parents n’ont pas de quoi les faire déjeuner. Ou alors parce qu’ils sont très fatigués après plusieurs jours sans dormir, sans courant », explique-t-elle au micro de notre correspondante à La Havane, Margot Davier.
Ses filles rentrent de l’école à midi, et n’ont plus cours le vendredi. Auparavant, elles terminaient tous les jours à 16h30. L’établissement ne fournit plus de déjeuner complet, et les enfants doivent donc se contenter d’une soupe et d’une pomme de terre. « Tout ça est très préoccupant, car si nous ne pouvons pas nourrir nos enfants, comment peuvent-ils aller à l’école ? », s’interroge Daniela. Ils sont restés près de deux mois sans classe.
Pénurie d’eau
Un peu plus loin, dans une artère plus cossue, Maria Teresa, 87 ans, revient sur les coupures d’eau. « Les pompes à eau sont alimentées grâce à de l’électricité, s’il n’y en a pas, il n’y a évidemment pas d’eau », déplore-t-elle. Il y a des rues dans lesquelles l’eau passe un jour, puis ne passe plus le lendemain. La vieille dame tente, de son côté, de faire perdurer des gestes de solidarité.
Donald Trump a imposé un blocus pétrolier de facto à Cuba en janvier, après la capture par les forces américaines du président vénézuélien Nicolas Maduro début janvier et l’arrêt brutal des livraisons de pétrole par Caracas, principal fournisseur de carburant de Cuba ces 25 dernières années. « Cuba est le prochain », a lancé le président américain vendredi, rejetant l’idée que les opérations militaires américaines pourraient lui coûter des soutiens politiques dans son pays à l’approche des élections de mi-mandat en novembre. L’île a subi sept coupures générales d’électricité depuis fin 2024, dont deux récemment.



