Après le second tour des municipales dimanche dernier, les conseils municipaux ont commencé à s’installer un peu partout en France. Et c’est au tour du nouveau maire socialiste Emmanuel Grégoire d’investir le dimanche 29 mars l’Hôtel de Ville de Paris, à l’occasion de la première séance du conseil.
Après sa large victoire aux élections municipales du 22 mars face à la candidate LR Rachida Dati, c’est officiel, Emmanuel Grégoire devient le dimanche le nouveau maire de Paris. L’édile socialiste de 48 ans, à la tête d’une liste d’union de la gauche sans La France insoumise (LFI), doit être élu par le nouveau Conseil de Paris où il dispose d’une large majorité, fort de son score de 50,52% au second tour – neuf points devant sa rivale de droite.
Après un vote solennel, Emmanuel Grégoire se rendra dans le bureau d’Anne Hidalgo pour la passation de pouvoirs avec la première femme à avoir dirigé la capitale, qui achève deux mandats à l’Hôtel de ville. Après le passage de relais, l’édile présentera son exécutif aux 162 autres conseillers de Paris, élus pour la première fois directement en vertu de la réforme de la loi PLM (Paris-Lyon-Marseille). La nouvelle majorité, qui comprend des élus socialistes, écologistes, communistes, de Place Publique et de L’Après (ex-LFI), compte 103 conseillers, dix de plus que sous la précédente mandature.
Le nouveau maire dévoile sa feuille de route
Mais l’opposition l’attend au tournant quant à ses engagements de campagne. Alors vendredi, le nouveau locataire du palais municipal dévoilait au journal Le Parisien sa feuille de route pour la capitale. Parmi ses priorités figure la lutte contre les abus sexuels dans le milieu périscolaire, où les affaires se multiplient. Emmanuel Grégoire souhaite également poursuivre le projet de piétonisation des rues et le développement du réseau de pistes cyclables dans la capitale.
Sans critiquer le bilan de sa prédécesseure, Emmanuel Grégoire a promis d’être un maire « d’hyperproximité », en rupture avec une méthode de gouvernance souvent critiquée. Toutefois, certains de ses engagements pourraient ne pas plaire à tout le monde, car pour mettre fin aux dépenses controversées des élus, le nouveau maire de Paris envisage de diviser par deux leurs frais de représentation, dont les siens, et de supprimer « purement et simplement », dit-il, l’enveloppe des maires d’arrondissement. Cette mesure fait suite aux révélations portant sur les notes de frais de la maire sortante Anne Hidalgo et de plusieurs élus en septembre dernier. Celui qui entend être le maire du « dialogue et de la disponibilité » risque de devoir en faire usage afin de faire passer la pilule auprès de certains élus.




