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Airbus ordonne le rappel urgent de 6 000 A320 après un incident logiciel sur un vol JetBlue

Un pic de nez fatal en pleine croisière. Vendredi 28 novembre 2025, Airbus tire la sonnette d’alarme. L’avionneur européen ordonne le rappel immédiat de quelque 6 000 appareils de la famille A320. Tout part d’un incident survenu le 30 octobre au-dessus du golfe du Mexique.

Un A320 de JetBlue, en phase de croisière entre Cancun et Newark, pique du nez sans que les pilotes touchent aux commandes. L’appareil descend brutalement, blessant plusieurs passagers selon les pompiers de Tampa. Les pilotes reprennent la main, posent l’avion sans drame majeur. JetBlue garde le silence face aux questions de l’AFP. Le coupable ? Un logiciel de commande de vol sensible aux radiations solaires. Airbus ne dit pas qui l’a conçu ni mis à jour. Le groupe assume : ces mesures vont perturber les compagnies et les voyageurs. « Nous présentons nos excuses et restons en contact étroit avec les opérateurs, la sécurité avant tout », lit-on dans le communiqué. L’AESA, régulateur européen, valide : sûreté prime sur les horaires. Des désagréments à court terme, mais pas le choix.

L’A320, star du ciel en difficulté
Depuis 1988, l’A320 règne en maître. Plus vendu au monde, il dépasse enfin le Boeing 737 en septembre : 12 257 livraisons contre 12 254. Quatre géants américains – American Airlines, Delta, JetBlue, United – en font leur cheval de bataille. Onze mille exemplaires volent encore, dont 6 440 A320 purs. Au moment de l’alerte, 3 000 étaient en l’air. Ce rappel touche un nombre massif, potentiellement l’un des plus grands en 55 ans d’histoire d’Airbus. La famille A320 connaît d’autres avaries récentes. Des centaines d’appareils cloués pour moteurs défaillants il y a quelques mois. L’avionneur européen, qui profite des déboires de Boeing, voit son joyau terni. IndiGo et Air India en Inde annoncent 350 machines au sol deux à trois jours.

Ventes de billets suspendues jusqu’au 8 décembre chez Avianca, 70% de sa flotte touchée.
Air France réagit vite. Trente-cinq vols rayés vendredi soir. Samedi, le bilan s’alourdit, compté dans la nuit. « Les clients reçoivent SMS et mails », assure un porte-parole. À Roissy et Orly, Birmingham, Madrid, Tunis, Marseille, Ajaccio, Nice : une quinzaine de liaisons parisiennes concernées. ADP table sur quelques dizaines de perturbations samedi. Les voyageurs avertis en amont. American Airlines passe à l’action. Sur 480 A320, 340 déjà visés. Mise à jour lancée vendredi, « grande majorité » prête d’ici samedi. Quelques retards inévités. United minimise : « Non affectée », malgré des A320 en flotte. Avianca alerte sur « perturbations importantes » dix jours durant. En France, le Premier ministre apporte son soutien aux passagers impactés.

Airbus publie une Transmission d’Alerte aux Opérateurs. Protections logicielles ou matérielles à appliquer sans délai. L’EASA impose une consigne de navigabilité d’urgence : correction avant tout vol post-23h59 UTC le 29 novembre. Thales, impliqué dans d’autres systèmes, se lave les mains : ce logiciel relève d’Airbus, conforme aux specs depuis 2001, 50 millions d’heures de vol annuelles sur 10 000 A320. Les compagnies s’adaptent. American vise une flotte quasi à jour vite fait. En Inde, reprise lundi ou mardi. Airbus coopère avec tous, priorise la sécurité. Boeing, en embûches, laisse Airbus gérer seul ce coup de mou. Le trafic mondial tend les cordes, mais la procédure déroule : mise à jour, redécollage, retour à la normale. Les passagers serrent les dents, les pilotes veillent.

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