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Damas et Riyad lancent une compagnie aérienne et un projet télécom d’un milliard de dollars

Riyad et Damas ont conclu ce samedi de nouveaux accords d’investissement pour relancer l’économie syrienne dévastée par plus de treize années de guerre civile. Ces engagements portent sur plusieurs secteurs, dont la création d’une compagnie aérienne commune et un projet d’un milliard de dollars dans les télécommunications.

C’est le plus gros jackpot pour la Syrie. Le samedi 7 février 2026, les autorités syriennes et saoudiennes ont signé à Damas une série d’accords économiques . Leur objectif est clair : soutenir les efforts de reconstruction du pays, toujours marqué par plus de treize ans de guerre civile. Ces nouveaux engagements s’inscrivent dans une dynamique plus large. Depuis le renversement du président Bachar al-Assad en décembre 2024 par Ahmed al-Charaa, la Syrie cherche à attirer les investisseurs étrangers. Elle a déjà signé une série d’accords avec des pays du Golfe, dont l’Arabie saoudite, devenue une alliée du nouveau pouvoir de transition .

Des projets concrets dans des secteurs-clés
Sur le podium, Talal al-Hilali, chef de l’Autorité syrienne d’investissement, a détaillé les cinq accords conclus . Les projets sont ambitieux et visent des domaines considérés comme prioritaires. Une nouvelle compagnie aérienne low-cost, baptisée « Nas Syria », doit voir le jour. Il s’agira d’une entreprise commune syro-saoudienne. Le projet inclut aussi la construction d’un nouvel aéroport international à Alep, dans le nord du pays. Sa capacité est prévue pour 12 millions de passagers. Des travaux de rénovation sont également prévus pour l’aéroport existant de la ville. Côté numérique, un projet baptisé « SilkLink » est doté d’une enveloppe d’environ un milliard de dollars. Porté par le ministre syrien des Télécommunications, Abdulsalam Haykal, il vise à développer les infrastructures et la connectivité du pays. L’autre accord important concerne le secteur de l’eau. Il porte sur le dessalement de l’eau de mer, avec le concours du groupe saoudien spécialisé Acwa Power. Pour les officiels des deux pays, ces accords vont bien au-delà de simples contrats commerciaux.

Cette levée, intervenue après une rencontre entre le président américain Donald Trump et Ahmed al-Charaa en Arabie saoudite, a changé la donne pour les investisseurs étrangers
Le ministre saoudien de l’Investissement, Khaled el-Faleh, a évoqué le lancement d’un fonds d’investissement pour des projets majeurs en Syrie avec la participation du secteur privé saoudien. « L’enjeu est de construire un partenariat stratégique », a-t-il résumé . Une vision partagée du côté syrien. Talal al-Hilali a souligné que ces projets concernent « des secteurs vitaux qui touchent la vie des gens et constituent des piliers essentiels pour la reconstruction de l’économie syrienne ». Un responsable du ministère saoudien de l’Investissement a assuré à l’AFP que ce n’était « qu’un début ». Les investissements devraient, selon lui, « s’étendre à tous les secteurs qui constituent une priorité urgente pour la vie des Syriens ». Cette annonce intervient dans un contexte diplomatique et économique transformé pour Damas. Les États-Unis ont définitivement levé en décembre 2025 les lourdes sanctions américaines qui pesaient sur la Syrie, notamment la loi « Caesar » . Cette levée, intervenue après une rencontre entre le président américain Donald Trump et Ahmed al-Charaa en Arabie saoudite, a changé la donne pour les investisseurs étrangers.

Le soutien des pays du Golfe
En juillet 2025, les deux pays avaient déjà signé des accords d’une valeur de 6,4 milliards de dollars. De plus, en avril de cette même année, l’Arabie saoudite et le Qatar s’étaient engagés à régler la dette syrienne envers la Banque mondiale, d’un montant d’environ 15 millions de dollars. Un geste hautement symbolique qui a permis à Damas de redevenir éligible aux financements internationaux. Le président syrien Ahmed al-Charaa affirme d’ailleurs que son pays a attiré 28 milliards de dollars d’investissements depuis la chute du régime Assad. Ces accords ont reçu un accueil positif de la part de l’envoyé spécial américain pour la Syrie, Tom Barrack. Sur le réseau social X, il a salué des « partenariats stratégiques » qui « contribueront de manière significative aux efforts de reconstruction ». Cependant, certains observateurs restent prudents. L’analyste Benjamin Fève, spécialiste de l’économie syrienne, estime que « à court terme, ces accords ont davantage d’importance en tant que signal politique qu’en tant que facteur de changement économique » . Il juge que les projets annoncés, bien que positifs, « ne sont pas prioritaires et ne sont pas suffisants pour reconstruire le pays ». Une mise en garde qui rappelle l’ampleur du défi. La Banque mondiale estime que le coût total de la reconstruction de la Syrie pourrait en effet dépasser les 216 milliards de dollars. Pour Damas, ces accords avec Riyad représentent malgré tout une étape cruciale. Ils matérialisent le retour de la Syrie sur la scène économique régionale et offrent une lueur d’espoir pour une population éprouvée par des années de conflit.

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