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France: Des milliers de manifestants défilent en Corse contre la mafia et le crime organisé


Des manifestations contre la mafia et pour « que la peur change de camp » ont eu lieu samedi 15 novembre dans l’après-midi en Corse. Quelques milliers de personnes ont défilé à Ajaccio et à Bastia à l’appel d’une coordination inédite d’une douzaine d’associations de l’île française.

Sous le mot d’ordre « Assassins, mafieux, dehors », entre 1 700 personnes selon la police et 3 000 selon les organisateurs ont manifesté samedi 15 novembre à Ajaccio et Bastia, les deux plus grandes villes de Corse, pour exprimer le « besoin de justice et de sécurité ». Derrière la banderole de tête de cortège où ce mot d’ordre était écrit en corse « Assassini, maffiosi, fora », une seconde assurait que « ​​​​​​​A maffia tomba, U silenziu dino » (« ​​​​​​​La mafia tue, le silence aussi »).

Deux autres banderoles rendaient hommage à Pierre Alessandri, secrétaire général du syndicat agricole Via Campagnola assassiné en mars dernier, et à Massimu Susini. Le nom de ce militant nationaliste, abattu devant sa paillote en septembre 2019, est devenu celui de l’un des deux collectifs antimafia de l’île française.

Ces deux manifestations étaient organisées par une coordination créée en septembre et réunissant notamment les collectifs « ​​​​​​​A Maffia no, a Vita ié » (« ​​​​​​​Non à la mafia, oui à la vie ») et Massimu Susini, ainsi que Via Campagnola et les associations de défense de l’environnement U Levante et Le Garde.

« Nous sommes des désarmés », a lancé sur l’estrade Jean-Toussaint Plasenzotti, fondateur du collectif Massimu Susini. Selon lui, les manifestants sont « ​​​​​​​la Corse de la civilisation, de la culture, de la légalité, la Corse qui veut qu’on règle le problème » face à une « ​​​​​​​mafia qui est la prédation, l’exploitation, la menace, l’intimidation, la violence et la mort ». Selon lui, la mobilisation des Corses est importante car « ​​​​​​​l’emprise mafieuse est toujours aussi importante ». « On souhaiterait que ce soit tous les Corses, mais pour le moment, c’est seulement une partie des Corses, a-t-il lancé. La lutte sera longue, elle est extrêmement difficile et dangereuse, mais on n’a pas le choix. »

« ​​​​​​​Volonté très forte de la société corse de se lever contre des pratiques criminelles »

En mars 2025, la première manifestation antimafia avait réuni entre 1 500 et 3 000 personnes. Et neuf jours plus tard, Pierre Alessandri, qui y avait participé, était assassiné.

Interrogé sur cette mobilisation, le procureur de Bastia, Jean-Philippe Navarre, a estimé qu’« ​​​​​​​il faut que chacun puisse apporter son soutien à ce mouvement (…) citoyen qui témoigne d’une volonté très forte de la société corse de se lever contre des pratiques criminelles qui étouffent son économie ». Le procureur a précisé mettre en œuvre « ​​​​​​​une logique de harcèlement des groupes criminels », en « ​​​​​​​multipliant les enquêtes » dans « ​​​​​​​les secteurs sensibles des balades en mer, des travaux publics, de la restauration », victimes de racket.

Une démarche partagée par Nicolas Septe, procureur d’Ajaccio, qui a assuré« ​​​​​​​soutenir ces éveils de conscience et ce qui permettra de rendre à chaque Corse sa liberté d’entreprendre ».

Une minute de silence en hommage aux victimes a ensuite été marquée avant que Jean-Dominique Musso, président régional du syndicat Via Campagnola, ne « ​​​​​​​réclame justice », avec émotion, pour Pierre Alessandri, en présence de sa veuve.

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