Un visa au tarif exorbitant est américaine : il s’agit du H-1B, bien connu des géants de la tech pour recruter des travailleurs étrangers très spécialisés. Donald Trump a imposé un tarif de 100 000 dollars de frais pour les employeurs qui voudraient recruter via le H-1b, les accusant de ne pas favoriser la main d’œuvre américaine. C’est inconstitutionnel et illégal, estime les plaignants.
Parmi ces plaignants, on trouve pêle-mêle un réseau de recrutement infirmier, le syndicat de l’automobile et de l’aérospatiale, l’association américaine des professeurs d’universités et plusieurs organisations religieuses protestantes. Pour eux, les conditions de délivrance du visa H-1B auraient dû être révisées par le Congrès et non par un décret présidentiel. Pire, cela met en péril le recrutement au sein des hôpitaux et de certains établissements scolaires, d’ONG ou de centres de recherches caritatifs peu lucratifs.
Car les travailleurs étrangers qui bénéficient généralement de ce visa pour venir s’installer aux États-Unis, ne sont pas forcément issus que du milieu des hautes technologies ; il s’agit aussi de scientifiques, médecins, ingénieurs, enseignants ou pasteurs, dont les qualifications sont peu répandues aux États-Unis.
Depuis la décision de Donald Trump de faire grimper le ticket d’entrée pour ces futurs salariés, la légalité de ce décret est remis en question. Ce dernier a invoqué la loi sur l’immigration, car a-t-il déclaré le « remplacement ” massif ” de travailleurs américains » par le programme H-1B menace l’économie et la sécurité nationale du pays.
Pour mémoire, ces permis de travail sont à durée déterminée, d’une période initiale de trois ans, prolongeable à six ans, pour des étrangers parrainés par un employeur. Les économistes, eux, s’accordent pour dire que c’est l’économie du pays qui pourrait au contraire en pâtir.
Les États-Unis ont approuvé environ 400 000 visas H-1B en 2024, dont les deux tiers étaient des renouvellements. Le nombre de demandes de visas H-1B a nettement progressé ces dernières années, avec un pic d’acceptations en 2022 sous la présidence du démocrate Joe Biden. À l’opposé, le pic de refus a été enregistré en 2018, pendant le premier passage de Donald Trump à la Maison Blanche.



