Après plusieurs semaines de silence, Moscou réagit aux accusations de recrutement forcé de Kényans pour le front ukrainien. L’ambassade de Russie au Kenya parle d’une « campagne de propagande dangereuse et trompeuse », tout en admettant la présence d’étrangers dans ses rangs.
Le ton est ferme, presque véhément. Face aux révélations d’un rapport parlementaire kényan évoquant plus de 1 000 citoyens enrôlés en Russie, l’ambassade russe nie toute implication dans des filières de recrutement frauduleuses. Elle insiste sur les étrangers qui combattent aux côtés de ses troupes sont des volontaires.
Un démenti catégorique de Moscou
Le communiqué de l’ambassade de Russie au Kenya se veut sans ambiguïté. Il nie « dans les termes les plus forts » toute implication de ses diplomates ou de son personnel dans des filières de recrutement frauduleuses. Moscou rejette l’idée d’une collusion avec des réseaux qui forceraient ou piégeraient des Kényans sous de faux prétextes. Ce ton véhément traduit la volonté de la Russie de couper court aux accusations qui circulent depuis plusieurs semaines, et de présenter ces informations comme une tentative de nuire à son image internationale.
Des chiffres alarmants au Kenya
Le rapport du renseignement kényan, présenté aux députés, a jeté un pavé dans la mare : plus de 1 000 Kényans se seraient rendus en Russie pour finir par combattre en Ukraine. Un chiffre bien supérieur aux 200 cas évoqués jusque-là par les autorités. Ces révélations suscitent l’inquiétude et la colère des familles, certaines affirmant que leurs proches ont été trompés par des promesses de travail ou d’études avant de se retrouver enrôlés. À Nairobi, des voix s’élèvent pour demander des explications et exiger le rapatriement de ces jeunes hommes.
Des volontaires selon Moscou
Si la Russie reconnaît la présence d’étrangers dans ses rangs, elle insiste sur leur statut de volontaires. Pour Moscou, ces combattants sont la preuve que son action en Ukraine n’est pas isolée. Depuis janvier 2024, un décret signé par Vladimir Poutine offre la nationalité russe aux combattants étrangers et à leurs familles après un an de service. Une mesure qui, selon les observateurs, constitue une incitation directe à rejoindre l’armée russe, en particulier pour des jeunes issus de pays confrontés au chômage ou à des difficultés économiques.
« Nous nions dans les termes les plus forts toute implication dans des schémas de recrutement voyou »,
Des accords bilatéraux en perspective
Dans son communiqué, l’ambassade russe tente aussi de déplacer le débat vers des relations diplomatiques plus classiques. Elle évoque la possibilité de finaliser des accords bilatéraux avec Nairobi, notamment sur la migration de travail. Cette annonce apparaît comme une manière de calmer les tensions et de donner une dimension institutionnelle à des échanges qui, pour l’instant, sont marqués par la polémique et la suspicion. « Nous nions dans les termes les plus forts toute implication dans des schémas de recrutement voyou », affirme l’ambassade de Russie au Kenya.
Entre démenti officiel et témoignages de familles kényanes, le fossé reste béant. Tandis que Moscou brandit l’argument du volontariat, Nairobi doit gérer la colère de ses citoyens et la pression croissante d’une opinion publique choquée par l’ampleur du phénomène. La question reste entière ces jeunes Kényans sont-ils partis de leur plein gré, ou ont-ils été victimes d’un engrenage qu’ils n’avaient pas anticipé ?



