Un journaliste salvadorien établi depuis deux décennies aux États-Unis a été expulsé dans son pays d’origine. Mario Guevara avait été arrêté en juin 2025 lorsqu’il couvrait des manifestations anti-Trump. Les organisations de journaliste dénoncent une attaque du gouvernement américain contre la liberté de presse.
Cela faisait plus de vingt ans que Mario Guevara vivait aux États-Unis. Arrivé avec un visa temporaire, le journaliste salvadorien s’était installé à Atlanta, en Géorgie. Il y avait fondé sa propre chaîne d’information en espagnol pour documenter la vie des migrants, ce qui lui a valu un Emmy Awards, en 2023. Depuis des mois, il filmait en direct les raids menés par la police de l’immigration. C’est lors d’une manifestation contre Donald Trump qu’il a lui-même été arrêté par des agents fédéraux. Mario Guevara a passé cent jours en détention avant d’être expulsé hier vers le Salvador.
La raison officielle : il n’aurait pas respecté une décision de justice datant de 2012, qui lui ordonnait de quitter le pays. « Je n’ai pas été expulsé parce que je suis un criminel », a dénoncé auprès de la presse le journaliste de 48 ans, visiblement exténué et les yeux humides, à son arrivée au Salvador. « Ce qui m’a valu mon expulsion, c’est le fait de dénoncer les injustices, les arrestations injustes (de migrants) qui étaient en train d’avoir lieu », a affirmé Mario Guevara, arrivé dans un vol avec 117 autres Salvadoriens expulsés.
L’inquiétude face à « la détérioration de la liberté de la presse sous l’administration Trump »
Un avis partagé par le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), qui parle de représailles liées à son activité de reporter. « Il n’est pas simplement question de son statut migratoire », mais de « représailles pour ses reportages », a affirmé Katherine Jacobsen, une représentante du CPJ, y voyant un « signe inquiétant de la détérioration de la liberté de la presse sous l’administration Trump. »
Mario Guevara a dû laisser derrière lui son épouse et ses trois enfants aux États-Unis. Il n’exclut pas d’y revenir un jour. Mais pour l’instant, il entend continuer son métier au Salvador. Un pays où la presse critique du président Nayib Bukele est aujourd’hui fortement réprimée.




