Le Programme alimentaire mondial (PAM) publie son rapport 2025 intitulé « Perspectives mondiales 2026 ». Dans ce document dense, l’agence onusienne revient sur l’évolution de la faim dans le monde et sur les moyens financiers nécessaires pour éviter une nouvelle aggravation des crises alimentaires. Le condensé présente de faramineuses dépenses militaires, dès les premières pages. L’écart creuse un fossé incompressible face à une situation commune à presque la quasi-totalité des Etats du monde.
Selon le PAM , mettre fin à la famine d’ici 2030 nécessiterait environ 93 milliards de dollars par an, soit moins de 1 % des 21 900 milliards engagés dans les budgets militaires au cours de la dernière décennie. Un écrasement non incognito surtout dans les régions sont secouées par des conflits prolongés. Le rapport s’investit sur les situations d’urgence alimentaire qui gonflent avec les chocs économiques, des tensions politiques, des phénomènes climatiques plus violents et une multiplication des zones de guerre. Toutes ces dynamiques convergentes et laissent entretenir une période encore plus difficile pour les populations vulnérables.
La demande dépasse l’offre
Pour l’agence alimentaire, le risque demeure imminent d’ici 2026, près de 318 millions de personnes pourraient faire face à un manque sérieux de nourriture. C’est plus du double du total enregistré en 2019, avant l’enchaînement des crises mondiales que l’on connaît aujourd’hui. Cette progression, jugée préoccupante par les équipes du PAM, confirme que les efforts internationaux n’arrivent pas à suivre le rythme des besoins. L’agence souligne par ailleurs que la faim n’est pas seulement liée aux aléas climatiques ou aux difficultés économiques. Les conflits armés restent au premier rang des facteurs aggravants. Dans plusieurs pays, les combats perturbent les récoltes, bloquent les routes commerciales, dispersent les populations et rendent l’accès à l’ aide humanitaire plus difficile. Les équipes déployées sur le terrain racontent des situations où les familles vivent dans des zones isolées, parfois totalement coupées des marchés et des services essentiels.
Le rapport du PAM note que l’aide internationale demeure « lente, fragmentée et insuffisante ». Les financements ne suivent pas toujours les urgences, et les mécanismes de coordination connaissent régulièrement des retards.
Dans plusieurs situations, les partenaires humanitaires annoncent des intentions de soutien mais les décaissements arrivent tard, au moment même où les besoins explosent. Pour l’organisation, cette lenteur compromet directement la capacité à prévenir les pénuries. Elle estime que des millions de personnes vivant dans les zones de conflit risquent d’être laissées pour compte l’an prochain si les efforts ne sont pas renforcés. Du Sahel à Gaza, en passant par certaines régions du Yémen, du Soudan ou de la Corne de l’Afrique, les mêmes difficultés se répètent : routes impraticables, accès sécurisé limité, ressources financières insuffisantes, inflation galopante. À cela s’ajoute le fait que plusieurs gouvernements traversent eux-mêmes des crises budgétaires et peinent à maintenir leurs engagements, laissant le PAM et ses partenaires dans une situation délicate. L’agence rappelle que l’action humanitaire repose sur une chaîne de solidarité qui doit rester stable pour être efficace.
Les priorités du PAM pour l’année 2025
Bien plus, l’agence a détaillé ses prévisions pour l’année prochaine. Elle prévoit d’aider près de 110 millions de personnes vulnérables à travers divers programmes opérationnels. Le coût total s’élève à 13 milliards de dollars, un niveau déjà difficile à atteindre lorsque les financements internationaux stagnent. Cette assistance se concentrera sur plusieurs axes. D’abord, l’aide alimentaire d’urgence demeure essentielle dans les zones où les familles n’ont plus accès à leurs moyens de subsistance. Ensuite, le soutien nutritionnel reste vital pour les enfants, les femmes enceintes et les personnes souffrant de malnutrition sévère. Le PAM insiste également sur l’importance des programmes de résilience communautaire, qui permettent aux populations de maintenir une forme d’autonomie malgré les aléas. Ces initiatives incluent notamment des appuis agricoles, la restauration de terres dégradées, ou la mise en place de petites infrastructures locales.
Enfin, l’organisation veut renforcer l’assistance technique fournie aux États. L’idée est d’aider les gouvernements à bâtir des systèmes alimentaires plus robustes et mieux adaptés aux crises récurrentes. Cela nécessite un appui dans la gestion des stocks, la planification logistique et l’amélioration des dispositifs nationaux de réponse rapide. Le rapport du PAM ne se limite pas à dresser un tableau sombre. L’agence rappelle que les capacités financières existent bel et bien pour réduire la faim dans le monde. Les 93 milliards annuels évoqués représentent une somme conséquente mais restent largement inférieures aux montants consacrés aux armements. Pour les responsables onusiens, cela montre que le débat porte avant tout sur la volonté politique et le choix des priorités à l’échelle internationale. In fine, les conflits, les déplacements de massifs et les crises économiques ne doivent pas occulter les efforts réalisés par plusieurs pays et partenaires. La réduction de la faim reste un chantier possible si les financements sont mobilisés à temps et si les actions sur le terrain bénéficient d’un appui durable.



