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Le Venezuela amnistie 379 prisonniers politiques


Au Venezuela, près de deux mois après la capture du président, Nicolas Maduro, le Parlement a adopté une loi visant la libération de centaines de prisonniers politiques. Sitôt le texte promulgué, la justice vénézuélienne s’est empressée d’appliquer la loi qui, selon quelques opposants, comporte encore des lacunes.

Quatre-vingt prisonniers politiques ont été libérés samedi 21 février au Venezuela dans le cadre d’une amnistie accordée à 379 personnes, a déclaré le président du Parlement Jorge Rodríguez. « Aujourd’hui, 80 libérations ont eu lieu » à Caracas, a affirmé Jorge Rodriguez.

La justice vénézuélienne a accordé, dans la nuit du vendredi 20 février, la liberté à 379 prisonniers politiques. « Le ministère public a adressé aux tribunaux compétents des demandes d’amnistie (…) pour un total de  personnes », a déclaré le député Jorge Arreaza lors d’une interview télévisée. « Ces personnes doivent être libérées et amnistiées entre ce soir et demain matin », a ajouté ce parlementaire en charge de la commission chargée du processus.

La veille, jeudi 19 février, le Parlement vénézuélien avait adopté une loi d’amnistie proposée par le gouvernement intérimaire, près de deux mois après l’enlèvement de Nicolas Maduro par les États-Unis. « Il faut savoir demander pardon et il faut aussi savoir recevoir le pardon », avait alors déclaré la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, depuis le palais présidentiel de Caracas, ajoutant : « Nous ouvrons de nouvelles voies pour la politique au Venezuela. »

 

Des ONG dénoncent les lacunes de la loi
Une dizaine d’articles, 16 en tout, pour une loi très attendue qui comporte encore quelques faiblesses dans le texte, dénoncent des ONG alors que plusieurs milliers de personnes sont encore en liberté conditionnelle. Parmi les critiques, les défenseurs des droits humains déplorent l’exclusion de centaines de condamnés pour des faits non pris en compte par la loi. Alors, du côté de l’opposition parlementaire, la députée Nora Bracho rappelle au micro de notre correspondante à Caracas, Alice Campaignolle, qu’une « commission spéciale a été créée pour étudier toutes les affaires et, surtout, pour écouter tous les gens impliqués ».

Vingt-trois députés, dont treize de la majorité au pouvoir, composent cette commission spéciale. Son rôle est d’examiner les cas exclus par la loi et formuler des recommandations pour les tribunaux chargés de statuer sur les demandes de remises en liberté. Car la loi d’amnistie promulguée par la présidente par intérim Delcy Rodriguez ne concerne que treize périodes précises entre le coup d’État raté contre Hugo Chavez en 2002 et la réélection contestée de Nicolas Maduro 2024. Soit seulement 20 mois sur les 27 dernières années de pouvoir chaviste. Ce qui exclut de fait un grand nombre de prisonniers politiques.

La petite dizaine de parlementaires d’opposition veut toutefois se concentrer sur le positif. C’est le cas de Stalin Gonzalez qui estime que, si quelques lacunes ont été enregistrées dans le texte, « il faut reconnaître nos réussites ». « Par exemple, les Vénézuéliens en exil peuvent demander l’application de la loi d’amnistie grâce à un avocat à Caracas », développe le parlementaire, « ainsi ils n’auront pas la peur de venir et d’être potentiellement arrêtés. Et nous avons réussi à inclure beaucoup de faits à cette loi. »

Pour la première fois depuis des années, des discussions avec la société civile ont été menées avant le vote du texte, marquant un changement de méthode à l’échelle du pouvoir.

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