À Madagascar, les ministres du gouvernement ont été convoqués le vendredi 29 mai à l’Assemblée nationale pour répondre aux questions des députés. Eau, électricité, sécurité, justice : ce premier face-à-face avec le nouveau gouvernement de la Refondation intervient à cinq jours du lancement officiel de la concertation nationale.
Ils sont des dizaines, assis sur les bancs de l’Assemblée, à interpeller les deux ministres présents, ce vendredi 29 mai, à Tsimbazaza. À l’ordre du jour, des problèmes récurrents auxquels fait face la population : coupures d’eau, délestages d’électricité, insécurité.
Pour Seth Rajoelina, député élu dans le district de Fianarantsoa, ce face-à-face est une étape démocratique essentielle : « Nous convoquons les membres du gouvernement. Cela fait partie des outils de contrôle dévolus aux députés. C’est vraiment une expression de la démocratie, parce que le peuple veut entendre la voix du gouvernement, et surtout toutes les revendications, toutes les paroles qui sont portées par leurs députés. »
« C’est juste une procédure »
Mais cet exercice annuel ne convainc pas tous les élus. Antoine Rajerison, député d’Arivonimamo et figure du soulèvement d’octobre, a récemment vu sa requête en destitution du président de la « Refondation » jugée irrecevable par la Haute Cour constitutionnelle. Il se montre lui beaucoup plus critique : « Je ne pense pas que le gouvernement écoute vraiment ses députés. C’est juste une procédure, une coutume qu’il faut suivre chaque session. Pourtant, les députés sont des représentants de la population. Je pense que la Refondation est très mal menée à Madagascar. »
Treize ministres au total sur vingt-sept sont entendus ce vendredi et samedi à Tsimbazaza. Un face-à-face qui se tient à cinq jours du lancement de la « concertation nationale », présentée par le pouvoir comme le socle de la « Refondation ».



