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Meurtre de Mehdi Kessaci à Marseille: la piste du crime d’avertissement privilégiée


Quelques jours après l’assassinat de Medhi Kessaci, la piste du crime d’avertissement semble privilégiée à Marseille, dans le sud de la France. La victime est le petit frère d’Amine Kessaci, militant écologiste et figure de la lutte anti-drogue dans les quartiers nord de la ville.
Medhi Kessaci, abattu jeudi 13 novembre à Marseille, n’avait rien à voir avec une quelconque affaire de narcotrafic. C’est ce qu’expliquait ce matin Nicolas Bessonne, procureur de Marseille, sur France Inter : « Il n’était jamais rentré dans un commissariat, sa volonté étant de rentrer par la grande porte en portant l’uniforme bleu de la République, puisque vous le savez, il était en train de passer le concours de gardien de la paix, donc rien à voir avec le narcotrafic ».

Un meurtre d’avertissement, selon le procureur
Mais Mehdi Kessaci n’a pas été victime d’une balle perdue. Il s’agirait ici d’un crime d’avertissement, d’après le procureur de la République. Une enquête a donc été ouverte pour assassinat en bande organisée et association de malfaiteurs. Le grand frère de Medhi, Amine Kessaci, lutte en effet depuis des années contre le trafic de drogue et faisait l’objet de menaces et de pressions très fortes. Avec son association Conscience fondée en 2020, le militant écologiste chez Europe Écologie Les Verts vient en aide aux jeunes et aux familles touchés par la précarité et les violences liées au narcotrafic. Il les accompagne notamment pour faciliter leur insertion professionnelle et échapper ainsi à l’emprise des trafiquants de drogue.

Amine Kessaci venait à peine de sortir un livre, Marseille, essuie tes larmes. Vivre et mourir en terre de narcotrafic, une lettre adressée à son grand frère Brahim dont le corps avait été retrouvé carbonisé dans un véhicule en 2020. Un texte écrit en attendant le procès des assassins présumés de Brahim prévu en 2026.

« Amine Kessaci a un discours très clair sur les ravages causés par le narcotrafic. Et il peut déranger ceux qui ont besoin d’un consensus social dans les cités pour pouvoir perpétrer leur trafic donc c’est l’hypothèse privilégiée, mais nous devons rester malgré tout prudent puisque les investigations débutent à peine », explique le procureur de Marseille qui souhaite rester prudent puisque les investigations débutent à peine.

Marseille sous le choc
À Frais Vallon, le quartier marseillais où ont grandi les frères Kessaci, c’est la consternation et la peur. Toutes les mamans sont dans un état catastrophique, confie à l’AFP une habitante, dont la nièce est morte dans un règlement de comptes. « Jusqu’à présent, on essayait de convaincre les mamans de parler aux médias, mais maintenant, on fait quoi ? On a peur ».

Le ministre de la Justice Gérald Darmanin parle sur X d’« un point de bascule effrayant ». Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, a assuré « suivre évidemment de très très près cette affaire ». La criminalité dans la ville de Marseille ne cesse, ces dernières années, de franchir des paliers dans l’horreur : les victimes étaient avant 2020/2021 ancrées dans le narcobanditisme, puis les cibles sont devenues les petites mains du trafic, parfois mineures et touchées à l’aveugle sur des points de deal.

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