L’ancien président syrien Bachar al-Assad, désormais en exil en Russie depuis la chute de son régime en décembre 2024, a été hospitalisé dans un état grave le 20 septembre 2025, suite à ce que l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) qualifie d’empoisonnement.
Le rapport de l’ONG, publié le 2 octobre, précise que l’état de Bachar al-Assad, connu sous le surnom de « Boucher de Damas », est désormais stable après neuf jours de convalescence en soins intensifs.
L’ancien président serait hospitalisé
Selon l’OSDH, cette hospitalisation ne serait pas le fruit d’une intoxication alimentaire accidentelle, mais d’une tentative délibérée d’empoisonnement. L’incident s’est produit dans une villa proche de Moscou, protégée étroitement par les autorités russes. Un lieu où Bachar al-Assad réside depuis son exil. Durant son hospitalisation, seules deux personnes ont été autorisées à lui rendre visite : son frère Maher el-Assad et Mansour Azzam, ancien secrétaire aux affaires présidentielles.
Cette information avait commencé à circuler fin septembre sur internet et les réseaux sociaux avant d’être confirmée par l’OSDH, souvent considérée comme l’une des sources d’information les plus fiables concernant la Syrie.
L’OSDH évoque un mystère entourant la nature exacte de cette tentative d’empoisonnement. Il n’est pas clair si elle résulte d’une erreur ou d’un acte prémédité. Le but apparent serait d’incriminer la Russie, en faisant porter la responsabilité de cet acte à Moscou pour montrer que le président russe Vladimir Poutine ne serait pas capable d’assurer la sécurité de son allié syrien. L’ONG ne relève aucune implication directe du gouvernement russe dans cette affaire. Le Kremlin, de son côté, n’a fait aucun commentaire à ce sujet.
L’OSDH souligne néanmoins que seul l’auteur de l’empoisonnement connaît véritablement ses intentions, qui pourraient aller de l’élimination pure et simple de Bachar al-Assad à une volonté de mettre en difficulté politiquement la Russie. Cette hospitalisation s’ajoute aux rumeurs et informations antérieures évoquant déjà des tentatives d’assassinat contre l’ex-président syrien. En janvier 2025, un média britannique avait mentionné une possible attaque contre lui, sans que cette information ait jamais été officiellement confirmée.
Bachar al-Assad après sa chute
Bachar al-Assad a dirigé la Syrie de 2000 jusqu’à sa chute en décembre 2024, à l’issue d’un conflit dévastateur qui a marqué durablement le pays et la région. Son exil en Russie témoigne de l’appui stratégique qu’il conserve auprès de Moscou, binôme essentiel durant la guerre civile syrienne. Son hospitalisation dans ces circonstances soulève de nombreuses questions autour de la stabilité de ses appuis et de la pérennité de sa position dans l’espace politique syrien post-conflit. Les tentatives visant un ancien dirigeant en fuite traduisent aussi bien les rivalités internes syriennes que les enjeux géopolitiques plus larges, où la Russie demeure un acteur clé.
L’affaire reflète cette atmosphère tendue et opaque qui entoure toujours les anciens responsables du régime syrien, dans un contexte où les luttes d’influence et les rivalités ne se sont en rien apaisées. L’hospitalisation de Bachar al-Assad pour empoisonnement met en lumière la fragilité persistante du pouvoir syrien déchu, même en exile, et illustre les tensions qui traversent la région. Alors que la communauté internationale reste attentive aux évolutions syriennes, cet épisode rappelle à quel point les questions de sécurité et de pouvoir restent au cœur des enjeux qui déterminent l’avenir du pays.



