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Pyongyang : Le 9e congrès du Parti Unique prolonge le mandat de Kim Jong Un

Le neuvième congrès du Parti des travailleurs de Corée s’est tenu du 20 au 22 février à Pyongyang. À cette occasion, les délégués ont réélu Kim Jong Un au poste de secrétaire général du parti unique, une décision présentée comme l’expression de la volonté unanime des membres du Parti et de la population.
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Ce congrès, le premier depuis 2021, intervient dans un contexte de renforcement des capacités militaires nord-coréennes et de tensions persistantes sur la péninsule. La décision a été adoptée le 22 février, au quatrième jour des travaux. Le congrès a « pleinement soutenu et approuvé la proposition polie de réélection du camarade Kim Jong Un en tant que chef suprême du PTC », indique le texte officiel publié par l’agence de presse KCNA.

Un bilan présenté comme glorieux
Dans son discours d’ouverture prononcé le 20 février, Kim Jong Un a dressé un bilan des cinq années écoulées depuis le huitième congrès. Il a reconnu que la période précédente avait été difficile, évoquant « les plans de blocus sévères et de sanctions » des forces hostiles, des catastrophes naturelles successives et la crise sanitaire mondiale. « Lorsque nous avons convoqué le VIIIe Congrès du Parti, les conditions subjectives et objectives de notre révolution étaient littéralement si dures que nous pouvions à peine maintenir notre propre existence », a-t-il déclaré. Mais le dirigeant nord-coréen a assuré que la situation avait « fondamentalement changé » cinq ans plus tard. Selon lui, le secteur économique a « globalement accompli le plan quinquennal de développement économique national » et réalisé des « progrès dynamiques ». Il a également brandi les « immenses projets visant à transformer simultanément la capitale et les régions ». Sur le plan international, Kim Jong Un a affirmé que la position de son État s’était « solidement consolidée comme irréversible », provoquant « un grand changement dans le paysage politique mondial ».

Une élection à l’unanimité
La procédure d’élection du secrétaire général a été soigneusement mise en scène. Selon le compte-rendu officiel, Ri Il Hwan a fait une proposition concernant l’élection du secrétaire général, soulignant la nécessité de « garantir fermement le destin et l’avenir de notre grand État et de notre peuple ». « Maintenant, lorsque l’avancée historique vers une victoire plus grande est lancée, seul Kim Jong Un peut guider la tendance de la transformation gigantesque de notre cause », a-t-il déclaré devant l’assemblée. Tous les délégués ont exprimé leur soutien par des acclamations et des applaudissements. Le congrès a ensuite adopté à l’unanimité la décision d’élire Kim Jong Un comme secrétaire général du Parti des travailleurs de Corée. Le congrès a également procédé au renouvellement des instances dirigeantes. 138 membres titulaires et 111 membres suppléants ont été élus au Comité central. Kim Jong Un figurait en tête des candidats proposés. Jo Yong Won a présenté un rapport sur la révision des règles du Parti, qui a été adoptée à l’unanimité. Les détails de ces modifications n’ont pas été rendus publics, mais elles viseraient à « renforcer davantage les fonctions de direction du Parti ».

Le congrès a réuni 5 000 délégués, dont 224 membres de la direction centrale sortante et 4 776 délégués élus par les organisations du Parti.
Dans son allocution d’ouverture, Kim Jong Un a appelé à « examiner les lacunes d’un point de vue critique et développemental ». Il a évoqué plusieurs problèmes continuels : « le défaitisme profondément enraciné, l’irresponsabilité, le conservatisme, le formalisme et l’immaturité des capacités de leadership ». Ces éléments, a-t-il dit, « constituent un obstacle artificiel au travail de notre Parti et de notre État qui aspirent à un développement rapide dans tous les domaines ». Une mise en garde adressée aux cadres et responsables, appelés à se montrer à la hauteur des objectifs fixés. Le dirigeant nord-coréen a insisté sur les tâches à venir : « stimuler la construction économique et le niveau de vie du peuple, ainsi que transformer tous les domaines de la vie publique et sociale le plus tôt possible ». La période du nouveau plan à long terme a été présentée comme « cruciale pour avancer à plein régime la politique de développement régional dans la nouvelle ère ». Le congrès a réuni 5 000 délégués, dont 224 membres de la direction centrale sortante et 4 776 délégués élus par les organisations du Parti. Parmi eux figuraient 1 902 militants politiques, 747 responsables administratifs et économiques, 474 militaires, 321 représentants des secteurs scientifiques, éducatifs et culturels, et 1 524 fonctionnaires locaux. 413 délégués étaient des femmes. Deux mille observateurs ont également assisté aux travaux. Une mobilisation destinée à montrer l’unité du pays autour de son dirigeant.

La figure de Kim Jong Un glorifiée
La décision du congrès dresse un portrait extrêmement élogieux de Kim Jong Un. Il y est présenté comme « l’homme d’État le plus éminent », doté d’une « rare sagesse idéothéorique », d’une « capacité de leadership distinguée » et de « nobles traits populaires ». Le texte officiel affirme qu’il a « pleinement maintenu le caractère révolutionnaire du PTC » et « inauguré une ère de changements et d’innovations sans précédent dans l’histoire de la République ». Ses réalisations dans les domaines économique, militaire, diplomatique et social sont longuement détaillées. « Grâce à son principe révolutionnaire fort, à sa stratégie extraordinaire et à ses activités extérieures expérimentées, Kim Jong Un a remarquablement élevé la dignité et le prestige de la RPDC », poursuit le document. Le dirigeant est qualifié de « patriote le plus fervent », de « représentant éminent de la nation coréenne » et de « symbole de toutes les victoires et de la gloire ». Une terminologie qui rappelle celle utilisée pour son père Kim Jong Il et son grand-père Kim Il Sung, fondateurs du régime.

Des défis sécuritaires et économiques à ne pas perdre de vue
Cette réélection intervient dans un contexte de renforcement des capacités militaires nord-coréennes. Les programmes balistiques et nucléaires se sont poursuivis ces dernières années, malgré les sanctions internationales. Les essais de missiles se sont multipliés, suscitant des condamnations de la communauté internationale. Sur le plan économique, la Corée du Nord reste confrontée à des difficultés chroniques. Les sanctions, les catastrophes naturelles et la fermeture des frontières pendant la pandémie ont lourdement pesé sur le pays. Le régime mise désormais sur le développement régional et la modernisation de l’agriculture pour améliorer les conditions de vie de la population. La réélection de Kim Jong Un à la tête du Parti des travailleurs de Corée ne constitue pas une surprise. Elle confirme la continuité du régime et la concentration des pouvoirs entre les mains du dirigeant, âgé d’une quarantaine d’années. Quelles orientations concrètes seront adoptées dans les mois à venir, notamment dans les relations avec la Corée du Sud et les États-Unis ? Les travaux du congrès se sont achevés sur un appel à la loyauté envers le secrétaire général. Les délégués ont juré de « rester fidèles à son leadership jusqu’à la fin pour la prospérité éternelle du pays ». Une conclusion en forme de profession de foi, dans la plus pure tradition du régime nord-coréen.

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